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 Sujet du message: Le Strategikon Traduction de Geta: Livre II
Nouveau messagePublié: 05 Sep 2008, 12:12 
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Livre II

La formation de bataille de la cavalerie.

I) De l’utilité et la nécessité de former l’armée en deux lignes.

Former l’armée entière sur une simple ligne face à l’ennemi sans constituer une réserve pour parer à toute éventualité en cas de revers dans le cadre d’une bataille de cavalerie est la marque d’un homme inexpérimenté et complètement imprudent. Car ce n’est pas, comme le profane peut le croire, par le nombre d’hommes, par une aveugle hardiesse, ou par un simple assaut que l’issue des batailles se décide mais, grâce à Dieu, par la stratégie et le talent.

La stratégie se sert des circonstances et de l’espace, de surprise et de diverses ruses pour déjouer l’ennemi dans l’idée d’atteindre ses objectifs sans même avoir à combattre. La stratégie est essentielle pour survivre et elle est le trait caractéristique d’un général intelligent et courageux. Le talent permet à l’armée de maintenir la discipline et la coordination des rangs tout autant que sa sécurité lorsqu’elle change sa formation de bataille et attaque, et pas seulement pour faire échouer les ruses de l’adversaire mais pour les retourner contre eux. C’est avec ceci à l’esprit que les anciens auteurs militaires organisaient leurs armées en droungoi, divisions et moiras avec un effectif variant selon ce que les conditions dictaient, comme l’alignement des Avars et des Turcs qui observent eux-mêmes cette formation aujourd’hui. Ainsi formés, ils peuvent rapidement porter secours à une unité qui perdrait pied dans la bataille. Ils ne se rangent pas sur une seule ligne de bataille comme le font les Romains et les Perses en misant le sort de dizaine de millier de cavaliers sur un coup de dé. Mais ils forment deux, parfois même trois lignes, distribuant les unités en profondeur, spécialement lorsque leurs troupes sont nombreuses et qu’ils peuvent facilement entreprendre toute sorte d’action. Ranger l’armée entière en une ligne de bataille, spécialement lorsqu’elle est composée de lanciers, c’est selon notre opinion se préparer à subir un grand malheur. Si c’est une grande armée, il faudra l’étendre sur une longue distance, une partie sera localisée sur un terrain défavorable, la longueur de la ligne provoquera du désordre et de la difficulté à diriger, il n’y aura pas de coordination entre les unités, et pour résultat, la ligne sera brisée avant même le contact avec l’ennemi. Puis, si elle devait être débordée ou attaquée de façon inattendue par l’ennemi, et qu’elle n’a pas de soutien depuis l’arrière ou sur ses flancs, sans protection ou une force de réserve, elle sera forcée de se retirer précipitamment.
De plus, dans une telle configuration, personne ne peut correctement surveiller tout le front tant la ligne s’étend au loin, et certains peuvent ainsi abandonner leurs bandons de façon inaperçue, et donner à tous les autres une excuse pour battre en retraite.

S’ils battent en retraite, il sera impossible de leur faire faire demi-tour ou d’endiguer la fuite, personne ne saurait le faire revenir après ça, comme nous l’avons dit, l’armée entière est alors en déroute. Il arrive parfois que les troupes formées en une ligne semblent être en train de gagner la bataille et de repousser l’ennemi, mais dans la mêlée leur formation aura certainement été brisée et la poursuite s’en trouvera désordonnée. Si l’ennemi en fuite venait à faire volte face comme le font fréquemment les Scythes, ou si une autre force prenait soudainement en embuscade les poursuivants, ceux-ci seraient certainement forcés de prendre la fuite à leur tour, et comme indiqué ci-dessus, personne ne pourrait parer à cette attaque imprévue. Il semble que former toutes les troupes en une seule ligne comprenne un avantage, en fait un avantage en apparence seulement, c’est que, de loin une pareille ligne semble large et imposante et peut volontiers être employée dans les manœuvres d’encerclement, mais ceci peut aussi être accompli facilement par d’autres moyens qui seront expliqués plus loin.
Nous croyons, qu’aussi loin que remonte le raisonnement humain, il y a de nombreuses raisons remarquablement intangibles qui mènent à al conclusion qu’il doit y avoir deux lignes, l’une d’elle est un soutien de l’autre, conformément au schéma donné ci-dessous. D’abord, les troupes sur la ligne de front combattront avec plus de fougue en sachant que l’arrière est protégé par la seconde ligne et leurs flancs par les gardes de flanc. Ensuite, un homme de première ligne ne sera pas tenté de fuir lorsqu’il sait que de nombreux autres soldats sont postés en seconde ligne à l’arrière, et que ceux-ci verront quiconque susceptible de déserter son poste. Au combat ceci peut se révéler d’une extrême importance. Si l’on suppose que la première ligne bat retraite ou est repoussée, alors la seconde ligne est présente comme support et lieu de refuge. Cela permet de rallier les troupes et de leur faire rebrousser chemin leurs agresseurs. De même lorsque nous poursuivons l’ennemi, nous pouvons attaquer en sécurité, si quelques ennemis nous font volte face ou si une attaque soudaine depuis un autre endroit se produit, alors la seconde ligne tient bon, se joint à la bataille et protège la première. En outre, si la première ligne est vraiment mise en déroute, de sorte qu’elle ne puisse plus retourner à l’action contre l’ennemi, le seconde ligne toujours en bon ordre, rejoindra sans difficulté l’ennemi dans la bataille, bien qu’il ait mis en déroute la première ligne comme nous l’avons mentionné. La formation adverse sera nécessairement brisée et mise en désordre dans le combat quand elle affrontera une force toujours en bon ordre telle que la seconde ligne.
L’argument qui prime par-dessus tout, c’est que la double ligne n’est pas seulement, comme nous l’avons dit, appropriée contre une force ennemie égale en nombre, mais aussi contre les forces supérieures, ce qui ressort clairement de la raison et de l’étude du schéma ci-dessous.

Sans doute d’aucuns pourraient objecter que si la première ligne est jetée dans la confusion, la seconde sera facilement refoulée avec elle ; Notre réponse est que si la victoire semble compromise avec deux lignes, quel espoir y a-t-il quand il n’y a qu’une seule ligne et que celle-ci est brisée ? Quant à l’autre objection selon laquelle la formation est affaiblie par sa division en deux lignes de bataille, nous pourrions en admettre la validité si la force armée était réellement divisée et que la moitié restait en dehors de l’action. Mais dit de façon prosaïque, nous n’avons pas divisé la force armée, nous avons simplement changé sa formation. Ce qui s’est passé, c’est que l’entière force armée qui était auparavant déployée en une longue et fine ligne droite, dorénavant nous l’avons disposée en deux lignes. Nous n’avons placé personne en dehors de l’action, nous avons seulement modifié la disposition de l’armée et selon la méthode décrite, en avons augmenté la puissance.

II) La disposition des tagmas dans la ligne de bataille.


Selon le raisonnement décrit ci-dessus, chaque unité de cavalerie, qu’il s’agisse d’effectifs larges ou réduits, doit être divisée en moiras et divisions, que l’on nomme aussi droungoi, de diverses tailles. Evidement le général doit user de toutes les ressources de son intelligence pour éviter, du mieux qu’il le peut, d’engager en bataille une armée adverse se beaucoup supérieure en nombre, spécialement s’il combat des nations qui mènent la guerre de façon organisée. S’il s’agit d’une armée d’infanterie, elle doit être composée comme l’indique le livre sur ce sujet. S’il s’agit d’une armée entièrement montée, et qu’elle doit combattre d’autres troupes montées, alors divise-la en trois lignes. Forme la première ligne, appelée promachos, en trois divisions égales, avec chaque division ou meros composée de trois moiras. Le lieutenant général doit prendre place dans la meros centrale, avec les deux autres merarchs dans les divisions de chaque côté, chacun au centre entre les moirarchs sous leur commandement.


III) Les troupes d’assaut et les défenseurs.


La proportion de troupes d’assaut et de défenseurs dans ces divisions doit être de telle sorte qu’un tiers de chaque meros soit composé de troupes d’assaut, de préférence des archers, positionnés sur les flancs ; et les deux tiers restant, au centre de chaque meros, doivent être composés de défenseurs.

IV) Les gardes de flanc et ceux qui débordent le flanc.

Du côté de la meros à gauche de la première ligne, où les mouvements hostiles d’encerclement et de débordement sont naturellement attendus, sont postés deux ou trois bandons faisant office de gardes de flanc, leur front est aligné sur celui des meros. Du côté de la meros à droite sont positionnées une ou deux bandons d’archers que l’on distingue comme ceux qui débordent le flanc. Forme la seconde ligne, qui sert de soutien à la première et qui compte un tiers des effectifs de l’armée, en quatre divisions, comme cela est exposé dans le schéma ci-dessous. Les flancs doivent séparés l’un de l’autre par une distance de flèche. Forme ce double front de divisions de sorte à pouvoir lancer des attaques depuis l’arrière.

Au deux extrémités de cette ligne, une ou deux bandons doivent être disposées à une distance de flèche, derrière de chaque côté, pour former la troisième ligne dite arrière garde.
Pour faire en sorte que les divisions de la seconde ligne soient correctement alignées suivant les intervalles décrits et que la seconde ligne paraisse être un seul corps de troupe et qu’elle ne soit pas plongée dans le désordre quand elle se déplace ; une ou plusieurs bandons doivent être disposées dans ces intervalles et couvrir toute la distance de ces espaces vides. Selon la taille de l’armée, ces espaces comprennent au moins un ou deux cavaliers en profondeur, et au mieux quatre cavalier ou plus. Le résultat est le suivant, lorsqu’il est temps d’aller trouver refuge pour les unités de la première ligne qui se replient, ces trois bandons disposé dans les intervalles se retirent vers l’arrière garde laissant ainsi libre l’espace qu’elles occupaient pour permettre aux troupes de retraiter. Les bandons libèrent ces espaces qui deviennent un lieu de refuge pour les troupes qui reculent ainsi que nous l’avons expliqué, et par la même occasion, elles peuvent refouler les hommes qui essaieraient de déserter dans leur repli. De plus, lorsqu’elles se joignent à l’arrière garde ou troisième ligne, elles peuvent aider à repousser toutes les forces ennemies qui agiraient depuis l’arrière pour harceler la seconde ligne, et ainsi préserver ce secteur intact. Maintenant, si l’armée comprend des effectifs moyens, c'est-à-dire de 5 à 10 ou 12 mille hommes, la seconde ligne doit être composée de deux divisions au lieu de quatre habituellement, en prenant soin de laisser un espace libre pour recevoir les troupes qui retraitent. Si les effectifs de l’armée sont inférieurs à 5 mille hommes, la seconde ligne ne doit être composée que d’une seule division.

V) Tendre une embuscade aux flancs ou à l’arrière de la ligne ennemie.

En plus des troupes décrites ci avant, trois ou quatre bandons, nommées troupes d’embuscade, doivent être détachées à chaque extrémité de la ligne de bataille de la façon expliquée plus après. Elles sont là pour prévenir les tentatives ennemies de contourner notre flanc gauche et peuvent elles-mêmes tendre une embuscade au flanc droit de notre ennemi si le terrain leur est favorable. Il est à noter que les attaques opportunes portées contre l’arrière et les flancs ennemis sont beaucoup plus efficaces et décisives que des charges frontales. Si l’effectif
Ennemi est moins important que le notre, de telles attaques, en les prenant par surprise leurs infligent un plus grand dommage car les troupes ainsi refoulées éprouveront des difficultés à retrouver une situation de sécurité. Si l’effectif ennemi est égal ou même supérieur au notre, les ennemis se trouveront engagés dans une lutte sérieuse, pensant que les troupes qui les attaquent sont nombreuses. Par conséquent une petite armée ne doit pas se préparer à faire face à un adversaire organisé et plus nombreux en bataille ouverte sauf en cas de nécessité. Si une telle nécessité devait se présenter, ne masse pas toutes tes troupes à l’avant, et ce même si l’ennemi est supérieur en nombre, dirige tes opérations contre ses flancs ou ses arrières. Il est dangereux et incertain d’engager en toutes circonstances et contre toute nation un combat purement frontal, même si l’ennemi dispose d’une armée moins nombreuse sur le terrain.

Pour récapituler, toutes les tagmas de cavaliers sont divisées en une première et seconde ligne suivant la façon décrite ci-dessus, surtout lorsque l’armée est grande. Elles sont réparties entre défenseurs, troupes d’assauts, gardes de flanc, ceux qui débordent le flanc, troupes d’embuscade, troupes de soutien et arrière garde.

VI) Profondeur de la formation.

Aussi loin que remonte l’étude de la profondeur de la ligne, les anciennes autorités écrivaient qu’il était considéré autrefois suffisant de former les tagmas profondes de quatre rangs. Une plus grande profondeur était considérée inutile et n’était pas mise en pratique.

En effet dans une formation trop profonde, il ne peut y avoir de pression exercée depuis l’arrière vers les rangs avancés comme cela se produit dans les formations d’infanterie ; qui peut forcer les hommes du front à pousser vers l’avant contre leur volonté. De fait, les chevaux ne peuvent pas utiliser leur tête pour pousser ceux devant eux, comme le peut l’infanterie. De plus les chefs de file postés à l’avant ne peuvent pas recevoir l’assistance de troupes supplémentaires de lanciers ou d’archers : les lances des rangs placés derrière les quatre premier ne peuvent passer au-delà du front, et quant aux archers, ils se trouvent forcés de tirer en cloche pour éviter de toucher les hommes devant eux. Le résultat est que leurs flèches sont inefficaces contre l’ennemi. Quiconque en doute sera convaincu par l’expérience concrète. En conclusion, une profondeur de quatre rangs est suffisante.

Il est vrai cependant que le nombre de soldats hors pair, ceux capables d’agir main dans la main au combat comme le font les chefs de file, est limité dans chaque tagma. Il est donc nécessaire d’adapter la profondeur de la formation selon le type d’unité concernée. Ainsi, les Foederati, placés au centre de la première ligne sont disposés sur une profondeur de sept hommes et appuyés par des serviteurs si leur seul effectif ne suffisait pas ; leur dekarchies doivent s’organiser en conséquence. Les compagnies des Vexillations à la gauche des Foederati doivent elles aussi compter sur des dekarchies de sept hommes.

Les Illyriens placés à droite doivent compter sur des dekarchies de huit hommes. Les autres tagmas composées de soldats ordinaires doivent être organisées par dekachies de huit à dix hommes. S’il arrive que certaines de ces tagmas plu ordinaires soient postées en première ligne, alors dispose huit ou dix hommes dans chaque file, étant entendu que ces tagmas sont plus faibles. Cependant, les tagmas des optimates, puisqu’elles sont des troupes de choix positionnées d’ordinaire en seconde ligne doivent comprendre 5 militaires de carrière suivis de 2 hommes en arme, de sorte que la dekarchy compte 7 hommes. Ces profondeurs que nous prescrivons doivent rester les mêmes dans le cas où ces tagmas doivent monter en première ligne.
Les contingents étrangers autonomes doivent être alignés selon leurs propres coutumes. Il est avantageux d’employer ceux-ci comme troupes d’assaut et d’embuscade.

La profondeur ne doit être de plus de 8 ou au maximum 10 hommes, ni de moins de 5 hommes, même pour les meilleures unités ; peu importe que les tagmas soient faibles, si les profondeurs des rangs et leur juste proportion sont adéquats. La longueur du front de la première ligne de bataille, c'est-à-dire le nombre de rangs de front ne doit pas être grandement réduit. De nos jours, l’imprudente habitude a été prise de former toutes les tagmas en une profondeur de 10 rangs, ceci ayant pour résultat que lorsqu’elles sont alignées pour l’inspection, les espions peuvent rapidement et facilement estimer les effectifs de l’armée en comptant les chefs de fil, étant donné que la même profondeur est maintenue partout. La seconde ligne est composée du reste des hommes. Comme expliqué ci-dessus, il est évident que les hommes en arme sont alignés avec les tagmas des Optimates et celles des Federati, ces jeunes servants remplissent parfaitement cette tâche.

VII) Les sections.

Les sections doivent être composées en une juste proportion d’hommes jeunes et vieux. Contrairement aux hommes vieux qui, s’ils se sont formés eux-mêmes, peuvent être mou, les plus jeunes, inexpérimentés, peuvent dans leur fougue se désorganiser.

VIII) L’armement.

L’armement doit varier comme suit. En première ligne, le chef de file et l’homme derrière lui (c'est-à-dire le second dans la file) ainsi que le dernier homme doivent porter des lances. Tous les autres, positionnés au milieu de la file doivent être des archers et savoir tirer sans bouclier. Il est en effet impossible de tirer efficacement avec l’arc à cheval tout en portant au bras gauche un bouclier.

IX) Le corps médical.

En plus des unités décrites ci-dessus, 8 ou 10 soldats les moins qualifiés de chaque tagma doivent être assignés au corps médical de chaque bandon et tout spécialement à celles de première ligne. Ils doivent être alertes, rapides, légers et sans armure. Leur mission est de rester à 100 pas derrière leur tagma [le pied romain : 29.6cm ; le pied byzantin : 31.23 cm], pour relever et apporter de l’aide au soldat sérieusement blessé, ou qui est tombé de cheval, ou hors de combat afin qu’il soit pas piétiné par la seconde ligne ou qu’il meurt par manque de soin de ses blessures. Pour chaque personne secourue, le soldat chargé de cette mission doit recevoir un nomisma offert par le Trésor en plus de sa paie. Puis, lorsque la seconde ligne a vaincu et repoussé l’ennemi, ils peuvent ramasser les dépouilles de l’ennemi mort laissé sur le champ de la première bataille et les donner aux dekarchs ou chefs de file de leur tagma, en récompense de leur travail ils recevront des dekrachs une part du butin. De même, estimons-nous qu’il est juste de laisser une part équitable et appropriée aux chefs de file lorsqu’ils sont victorieux au combat, plus que tout autre lors du premier assaut ils doivent faire la majeur parti du combat, et ainsi ils ne saurait leur être permit de démonter et de briser les rangs pour ramasser le butin eux-mêmes.

Pour rendre plus facile aux soldats du corps médical et aux soldats blessés ou tombés de cheval la monte des chevaux du corps médical, les deux étriers doivent être placés du côté gauche de la selle, un devant comme à l’accoutumée et l’autre derrière le premier. Ainsi, lorsque deux hommes veulent monter, le soldat du corps médical et l’homme hors de combat, le premier monte par l’étrier habituel situé devant et l’autre par celui placé derrière. Il est aussi essentiel qu’ils emportent des gourdes d’eau pour les hommes qui peuvent s’être évanoui des suites de leurs blessures.

X) Les pennons de lance.

Nous ne recommandons pas de porter des pennons sur les lances pendant la bataille. Ils sont aussi inutiles au combat qu’ils ont une valeur lors des revues, des sièges ou des parades pour bien présenter. Que la lance soit utilisée en estoc ou au lancer, le pennon réduit tant la précision que la portée, et lorsque les tires commencent, ils interfèrent avec le tir des archers des rangs arrière. De plus, dans la charge, la retraite, ou l’encerclement, ce n’est pas un mince inconvénient et pour cette raison, ils ne doivent pas être utilisés au combat. Il est cependant possible de lier une bonne présentation de la ligne de bataille à distance au fonctionnel. Les pennons peuvent être portés jusqu’à ce que l’ennemi se trouve à un mile, dès lors ils doivent être roulés et remis dans leur boite.

XI) Espions et éclaireurs.

A ce dispositif s’ajoutent les espions ou éclaireurs qui doivent être affectés à chaque tagma des Optimates et Federati, et à chaque meros des troupes ordinaires, soit 2 par tagma, 8 ou 12 par meros. Ils doivent être discrets, alertes, robustes et avoir fier allure. Postés à intervalles, suivant la nature du terrain, avant la bataille et jusqu’à ce qu’elle soit totalement achevée ils doivent garder l’ennemi et leurs propres unités sous observation afin de prévenir toute attaque en embuscade ou autres pièges des forces ennemies.

XII) Les ingénieurs et les équipes du cantonnement.

En plus, il doit y avoir un bon nombre d’ingénieurs qui, avec les équipes du cantonnement, doivent aller au devant et monter le camp. Un nombre identique d’équipes de cantonnement ou troupes chargées des préparatifs doit être détachés avec les ingénieur afin d’effectuer la reconnaissance des routes et de guider l’armée jusqu’au camp.

XIII) Des distances entre les unités et les lignes de bataille.

Lorsque la ligne de bataille est formée comme décrit ci-dessus et illustré dans le schéma, il est nécessaire que les divisions de la première ligne se déplacent en restant suffisamment proches les unes des autres, de sorte que la distance ou l’intervalle entre deux meros ne soit pas trop grand, mais néanmoins suffisant pour éviter qu’elles ne se gênent les unes les autres pendant la marche et pour qu’elles apparaissent clairement séparées. Les gardes des flancs doivent rester à distance proche pendant la marche jusqu’à ce que l’ennemi soit à proximité, alors ils doivent s’écarter sur le côté à une distance de flèche de la meros de gauche, pas plus, surtout lorsque la ligne adverse est plus longue que la nôtre. Ceux qui débordent le flanc doivent tenir une position semblable sur le flanc droit ainsi que la situation l’exige. Les divisions de la seconde ligne doivent se situer à une distance de flèche derrière la première. Jusqu’à ce que l’ennemi soit à proximité, la seconde ligne doit suivre la première à une distance d’un mile ou plus [le mile romain, étalon de mesure probablement encore en vigueur sous Maurice équivaut à 1,480 mètres. Une distance parcourue par une flèche est d’environ 300 mètres], suivant la forme du terrain, de sorte que d’aussi loin que possible, elle suit la première ligne à vue afin d’observer l’ennemi à distance et changer les tactiques en fonction de ses agissements. Quand l’ennemi est tout près et qu’il aperçoit la seconde ligne, il n’a plus le temps de changer ses plans ; alors la seconde ligne doit s’avancer vers la première ligne à une distance de quatre flèches et régler ses déplacements sur les siens.

Pendant la bataille même, la seconde ligne ne doit ni être trop éloignée derrière la première sans pouvoir lui apporter promptement du soutien, ni trop proche au risque de se confondre avec elle surtout lorsqu’un nuage de poussière se soulève. Si la seconde ligne est trop proche, elle risque d’attaquer avant que les rangs ennemis ne soient brisés à la suite de la première ligne qui se trouvera en désarroi et incapable de coopérer avec elle. Les tagmas positionnées de chaque côté à l’arrière des flancs de la seconde ligne doivent se situer à une distance de flèche en retrait pour couvrir ses arrières et doit la suivre en conservant cette distance.

XIV) La taille et la variété des drapeaux.

Dans chaque meros, les drapeaux ou étendards des tagmas doivent être de taille raisonnable et faciles à transporter. On ne peut en tirer correctement parti lorsqu’ils deviennent trop larges et encombrants. La seule marque de distinction doit se situer au niveau de leurs banderoles. Néanmoins, les drapeaux des moirarchs qui doivent être plus grands et d’un modèle différent. De la même manière, ceux des merarchs doivent être différents de ceux des moirarchs sous leur commandement. Et drapeau du lieutenant général doit être différent de ceux des merarchs. Enfin, celui du général doit clairement se distinguer, être plus voyant que tous les autres et familier de tous, de sorte qu’en cas de revers, les troupes en le voyant puissent s’y rallier et se regrouper.

XV) Les gardes des couleurs.

Lorsque tous les drapeaux ont été disposés sur toute la longueur de la ligne, comme indiqué dans le schéma, quinze ou vingt des meilleurs hommes de l’unité doivent être détachés à la garde et à la défense de chaque drapeau.



XVI) La disposition des officiers.

Les officiers supérieurs doivent être disposés à des endroits sécurisés de sorte à ne pas être heurté ni mourir au combat ce qui découragerait les troupes. Si un des officiers subordonné venait à mourir, personne ne s’en rendrait compte hormis les hommes de sa tagma. Mais si l’un des officier les plus important meure, sa mort puisqu’il est connu de tous ou de la plupart porte un coup au moral de l’armée. Par conséquent, lorsque l’armée est à distance d’une ou deux portés de flèche de la ligne de bataille ennemie, le lieutenant général et les merarchs doivent se positionner sur la même ligne que les étendards et de là, superviser et régler la formation. Quand la charge est sur le point d’être lancée, leurs meilleurs hommes à disposés à leur côté se déplacent devant eux pour former un écran protecteur, et ce sont eux les premiers qui engageront le combat rapproché. Le général dirige la formation jusqu’au moment de la charge, il la supervise et l’adapte aux mouvements de l’ennemi. Au moment de la charge, il doit rejoindre sa propre tagma située au milieu de la seconde ligne, non pour y combattre, mais pour servir en quelque sorte de repère et de guide à la première et à la seconde ligne.

XVII) les trompettes.

Il n’est pas souhaitable que beaucoup de trompettes sonnent pendant la bataille car elles provoquent de la confusion et du tumulte et les ordres ne peuvent pas être correctement compris par les soldats. Si le terrain est plat, une trompette suffit et celle-ci doit être disposée dans la meros centrale de chaque ligne. Si le terrain est accidenté, ou si un vent violent ou le bruit de l’eau rend difficile d’entendre clairement les ordres, il est judicieux de joindre une trompette à chacune des autres divisions ; dès lors trois trompettes sonneront pour toute une ligne de bataille. Plus le silence sera observé et moins les hommes jeunes seront troublés et les chevaux excités, et plus redoutable apparaîtra l’armée aux yeux de l’ennemi, enfin, les ordres seront plus facile à reconnaître. Pour ces raisons, l’usage des trompettes devient inutile dès lors que la ligne entre en action.

XVIII) Les cris de guerre parfois utilisés.

Le cri de guerre, « Nobiscum », habituellement utilisé lorsque débute la charge, est selon notre opinion, extrêmement dangereux et nuisible. Le crier à ce moment peut briser les rangs. A cause du cri, le soldat le plus timide peut en s’approchant du combat au corps à corps hésiter avant le choc tandis que le téméraire, excité par le cri, peut imprudemment pousser en avant et rompre les rangs. Le même problème se produit avec les chevaux car selon la bête, le tempérament diffère. Le résultat ainsi obtenu est une ligne irrégulière et sans cohésion dont les rangs pourraient en fait être brisés avant la charge, ce qui est dangereux.

Plutôt que les cris, des prières peuvent être prononcées au camp le jour de la bataille avant que les troupes ne le quittent. Tous, le général et les autres officiers, guidés par le prêtre doivent réciter le « Kyrie eleison » (Dieu soit miséricordieux) à l’unisson. Alors, portées par l’espoir du succès, chaque meros doit en quittant le camp crier le « Nobiscum Deus » (que Dieu nous assiste) à trois reprises. Dès que l’armée quitte le camp pour se mettre en position pour la bataille, un silence absolu doit régner et aucun mot inutile ne doit être prononcé. Ainsi, l’armée reste en bon ordre, et les ordres des officiers sont plus faciles à comprendre. L’état d’esprit de la charge est insufflé par les circonstances immédiates, la nécessaire proximité des rangs et la présence de l’ennemi, aucun autre signe n’est requis. Mais lorsque l’armée en est venue aux mains avec l’ennemi, ce n’est pas une mauvaise idée pour les hommes de crier et de pousser des acclamations, surtout les rangs arrière qui déconcertent l’ennemi et épaulent nos troupes.

XIX) Les hérauts.

La fonction des hérauts est d’après nous capitale en ce sens qu’avant la bataille, ils s’adressent aux troupes pour les encourager et leur rappeler leurs victoires passées. Quand leur discours est achevé, chaque tagma doit être formée et manœuvrée.

XX) L’usage de deux étendards.

Puisque nous savons que l’ennemi fonde généralement l’estimation des effectifs d’une armée sur le nombre d’étendards, nous pensons qu’il est nécessaire que chaque tagma possède deux étendards identiques. L’un est l’étendard régulier au nom du comte (ou tribun) de chaque tagma. L’autre est celui de l’hekatontarch, aussi appelé ilarch. Les deux étendards doivent être portés par la tagma avec la même déférence jusqu’au jour de la bataille. Ce jour là, seul l’étendard régulier doit être dressé ; déployer un grand nombre de bannières provoque de la confusion et les hommes reconnaissent alors difficilement le leur. Par cette méthode, l’armée parait puissante aux yeux ennemis par le nombre de ses étendards et n’emploie le jour de la bataille que les étendards réguliers facilement reconnaissables. Les tagmas dont l’effectif est très réduit ne sont pas autorisées à déployer leurs étendards en bataille ouverte, étant incapables de le protéger, elles doivent se placer sous un autre étendard ; de plus avoir beaucoup d’étendards déployés provoque de la confusion dans les meros. Comme nous l’avons exposé, il faut arranger les choses de façon à ce que chaque bandon ne compte pas moins de 200 hommes et n’en excède pas 400.

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Magister Dictator "Goths mit Huns"


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