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 Sujet du message: Le Strategikon - Traduction de Geta- : Livre XII
Nouveau messagePublié: 29 Mar 2010, 16:14 
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22 Etablissement de camps fortifiés.

Les chariots doivent être mis en parc autour du campement, et en cas d’urgence, ils doivent être retranchés si le terrain le permet. A l’extérieur d’eux, un fossé doit être creusé, de 5 ou 6 pied de large et de 7 ou 8 de profondeur, avec la terre jetée vers l’intérieur. A l’extérieur de la tranchée, des chausse-trappes doivent être éparpillées, et des petits trous creusés avec des pieux effilés au fond. Leur emplacement doit être connu des troupes, car autrement elles pourraient être blessées. Autour du campement doivent se trouver quatre grandes portes principales et un certain nombre de plus petites. Le commandant de l’unité qui campe le plus près de chaque porte ou entrée, doit être responsable de sa garde. Juste à l’intérieur de la ligne de chariots doivent se trouver les petites tentes des troupes d’infanterie légère, et après elles un bon espace libre de trois ou quatre cent pieds, puis le reste des tentes doit être installé. Ainsi, quand l’ennemi commencera à tirer, ses flèches n’atteindront pas les hommes du milieu mais tomberont dans l’espace libre. Deux larges rues doivent parcourir le camp en une forme d’intersection en croix au milieu. Elles doivent avoir une largeur de 40 ou 50 pieds, et de chaque côté doivent se trouver les tentes alignées en rangs avec un petit espace entre elles. Chaque merarch doit camper au milieu de ses troupes. La tente du général doit être sur un côté, pas sur le carrefour central, ainsi elle ne gênera pas la circulation du trafique, et lui-même ne sera pas ennuyé par les troupes de passage. Si la situation est telle que la cavalerie doit se trouver dans le camp, elle doit être placée au milieu du camp et pas au bord.

Les tribuns les plus compétents avec les tagmas sous leur commandement doivent être disposés aux portes du camp, de sorte que du congédiement du soir jusqu’au réveil, personne au camp ne puisse rentrer ou sortir sans la permission du général. Quand la cavalerie reste à l’intérieur du camp, une attention particulière doit être portée aux patrouilles de nuit.
Les officiers de chaque meros doivent laisser un héraut en service auprès de la tente du général, et chaque tribun doit laisser un héraut à la tente du merarch. Celui-ci facilitera la transmission des ordres à tout le monde.

Les trompettistes et les clairons doivent être de gardes auprès du général. Les trompettes doivent sonner trois fois le soir, c’est le signal de l’arrêt du travail ; les hommes doivent alors souper et chanter le « Trisagion » [trois fois sainte]. Quelques unes des propres troupes du général doivent être détachées à l’inspection des gardes et faire respecter le silence dans le camp, de sorte que personne n’ose même prononcer le nom de son camarade. Garder le silence procure de nombreux avantages, par exemple, il est souvent possible de détecter les espions ennemis qui rôdent. En outre, le bruit peut créer beaucoup de problèmes. La danse et les applaudissements doivent être interdits, surtout après le congédiement du soir, pas seulement parce qu’ils sont désordonnés et ennuyeux, mais aussi parce qu’ils sont une perte d’énergie pour les soldats. Quand l’armée va se mettre mouvement, les ordres doivent être donnés le soir d’avant. Puis, à l’aube du jour désigné, les clairons doivent souffler trois fois, et la marche commence. Les unités se déplacent en ordre, d’abord l’infanterie lourde puis les chariots.

L’emploi des chausses trappes est essentiel. Si le terrain est rocheux et impossible à creuser, ou s’il est trop tard, les chausses trappes correctement éparpillées rendent le même service à l’armée en campement qu’un retranchement.

Les anciennes autorités ont décrit pour nous différentes formes de camp ou de retranchement, mais le présent auteur recommande la forme à quatre faces rectangulaire qui est basique et fait bon ordre. Les camps implantés sur un terrain élevé et présentant une large façade rendent plus impressionnante l’armée que ceux situés sur le plat ou sur un terrain en pente. Si donc nous voulons impressionner les éclaireurs ennemis, nous devons choisir des sites avec une large façade, spécialement s’il s’y trouve les provisions et les fournitures dont nous avons besoin.

Les places salubres et saines doivent être sélectionnées pour les camps, et nous ne devons pas rester trop longtemps au même endroit, sauf si l’air et la l’accès aux fournitures y sont plus avantageux. Autrement, la maladie pourrait se propager parmi les troupes. Il est très important que les besoins sanitaires ne soient pas pris en charge à l’intérieur du camp mais à l’extérieur à cause de la désagréable odeur, surtout lorsque l’armée à quelques raisons de rester au même endroit.

Dans les situations critiques, nous devons choisir un site avec une petite rivière qui traverse le milieu du camp comme lieu d’aisance pour les troupes. Mais si elle est large avec un courrant rapide, il vaut mieux la laisser sur le flanc pour aider à la protection de l’armée.

Quand la cavalerie campe à l’intérieur, une attention particulière doit être portée aux patrouilles de nuit.

Si une rivière de bonne taille coule au milieu du camp, les chevaux ne doivent pas être abreuvés en amont du camp. Sinon, leurs piétinements rendront l’eau trouble et inutilisable. Ils doivent plutôt être abreuvés en aval. S’il s’agit d’un petit ruisseau, abreuve les chevaux avec des sceaux ; s’il sont amenés jusqu’au ruisseau, cela ne fera que de les exciter.

Les camps ne doivent pas être construits près de collines accessibles à l’ennemi, de celles-ci, ils pourraient facilement tirer des flèches sur le campement.

Avant de s’approcher de l’ennemi, nous devons essayer de ne pas construire le camp près de l’eau. Ceci est particulièrement vrai pour la cavalerie. Chevaux et hommes peuvent prendre l’habitude de boire beaucoup d’eau, et lorsqu’il n’y en aura plus, ils ne pourront pas le supporter et perdront courage.

Avant de s’approcher de l’ennemi, l’infanterie ne doit pas camper avec la cavalerie à l’intérieur des retranchements. La cavalerie doit rester à l’extérieur, quoique proche du camp, afin de ne pas se trouver trop à l’étroit et que les espions ennemis ne puissent pas attaquer à défaut d’être suffisamment nombreux. Quelques jours à l’avance, il faut déterminer quel espace sera nécessaire à la cavalerie et combien d’hommes devront être cantonnés si la situation devait exiger qu’ils rentrent à l’intérieur du camp. Quand l’ennemi est proche, la cavalerie doit rejoindre l’infanterie et camper avec elle dans les sections fixes. Avant l’heure du combat, il faut prendre soin d’installer le camp sur une position forte et de l’approvisionnement en vivres pour quelques jours ; et pas seulement de provisions pour les hommes mais, si possible, aussi pour les animaux, car l’issue du combat est incertaine. Tu dois par-dessus tout, avoir une pensée particulière quant aux les moyens à mettre en œuvre pour défendre les réserves d’eau contre l’ennemi au cas où le soutien du camp serait nécessaire.

Si le site de la bataille est un endroit large et découvert, essaie toujours d’avoir une rivière, un lac ou quelque autre obstacle naturel pour protéger tes arrières. Construit un puissant camp et fait suivre les chariots en ordre derrière les troupes. Si le terrain est difficile et inégal, laisse les trains et le reste des bagages à l’intérieur du camp avec quelques conducteurs de chariots en guise de garde, et forme la ligne de bataille près du camp à un endroit approprié. Si le terrain est difficile, spécialement lorsque l’ennemi est monté, la difficulté du terrain est elle-même une bonne protection pour notre corps principal. Si les chariots accompagnent les troupes dans ce genre de région, ils ne seront pas seulement inutiles, mais très gênants.

Il faut prendre soin des bœufs qui tirent les chariots, afin que lorsqu’ils accompagnent l’armée et que les chariots doivent s’arrêter, ils ne soient pas effrayés par le bruit que font les ennemis ou par les flèches qui volent tout autour et ni qu’ils paniquent et jettent la confusion dans les rangs. Ils doivent être entravés ou attachés, pour que, comme nous l’avons mentionné, si quelque uns d’entre eux sont blessés par les flèches, ils ne puissent pas jeter la confusion parmi l’infanterie. Pour cette raison, ils ne doivent pas être positionnés tout près d’elle.

Quand il est nécessaire de libérer une position attaquée ou de prendre rapidement une place, et que les wagons ne pourraient pas arriver à l’heure et ne feraient que de ralentir les choses, ils doivent être laissés dans une place forte, et les soldats à pied doivent partir à l’avant avec leurs provisions ; des dispositions doivent être prises pour les faire transporter dans des packs à dos de chameaux ou de chevaux réquisitionnés pour cet objectif. Ils doivent aussi emmener des réserves de chausse-trappes avec eux. Lorsque advient le moment de monter le camp, ils creusent les retranchements de la façon habituelle, dispersent les chausse-trappes, et à l’intérieur tout autour, ils construisent un mur ou une palissade en bois. Ceci procurera une aussi bonne protection que celle offerte par le train de chariots et cela ne les ralentira pas et ne leur causera aucuns des autres problèmes qu’ils occasionnent souvent.

S’il y a une très grande proportion de cavaliers dans l’armée et seulement un peu d’infanterie, et qu’il a été décidé de laisser train d’équipage au camp, ne permet pas que toute l’infanterie demeure à l’intérieur du camp. Une partie doit y être laissée de garde tandis que l’autre doit être postée en formation à l’extérieur des portes et des retranchements. Puis, si la cavalerie devait être repoussée sans qu’elle eut d’infanterie avec elle, l’infanterie que nous venons de mentionner pourrait couvrir sa retraite et lui donner l’opportunité de faire volte face contre l’ennemi ou au moins de rentrer dans le camp en bon ordre et de ne pas se retrouver dangereusement entassée devant les portes.


23. Questions que le général d’infanterie doit examiner le jour de la bataille.


Si la cavalerie ennemie est très nombreuse, surpassant en nombre la nôtre, et que nos troupes ne sont pas accompagnées par leur train d’équipage, ne compte pas sur une formation de bataille sur terrain plat et découvert mais sur un terrain accidenté et difficile, marécageux, dénivelé, rocheux ou boisé.

Prend soin d’envoyer des patrouilles pour protéger nos arrières et nos flancs contre toute attaque.

Positionne un peu d’infanterie lourde en plus sur les flancs et au centre des chariots, afin que, si nécessaire, elle puisse prêter main forte au cas où l’ennemi projette de causer des troubles près des chariots, ou à notre ligne de bataille, ou à notre cavalerie.

N’implique pas un grand nombre de cavaliers dans les batailles d’infanterie, mais seulement quelques uns sur les flancs de la ligne de bataille. Il peut y en avoir jusqu’à trois ou quatre mille, mais il n’est pas prudent d’en avoir plus ; ils doivent être de bons soldats et porter des cottes de maille. Si l’opportunité se présente, leur tâche est d’attaquer les unités ennemies qui retraitent.

Si l’armée ennemie se compose de cavaliers et est réticente à s’engager dans une bataille avec de l’infanterie ; et si notre cavalerie est puissante, alors que notre infanterie est faible, alors aligne trois divisions de cavalerie devant, et fait suivre la ligne d’infanterie en bon ordre à une ou deux miles derrière elles. Ordonne à la cavalerie de ne pas s’éloigner de la ligne d’infanterie à une plus grande distance que celle-ci. S’ils sont repoussés par l’ennemi, ils doivent retraiter par les flancs et l’arrière de la ligne de bataille mais pas par l’avant, ce qui pourrait l’amener à prendre la fuite.

Le jour de la bataille, assure toi de ne pas faire marcher la ligne de bataille d’infanterie sur une longue distance, pas à plus de deux miles du camp, pour qu’ils ne soient pas abattus par le poids de leur armure. Si l’ennemi retarde la bataille, fait asseoir et se reposer les hommes jusqu’à ce qu’ils se rapprochent. Si le temps est chaud, laisse les retirer leurs casques et prendre un peu l’air. En pareilles occasions, ils ne doivent pas prendre du vin avec eux, car cela ne fera que leur donner chaud et affaiblir leurs esprits. En revanche, de l’eau doit être transportée dans les chariots et distribuée à chaque personne qui en a besoin, puisqu’ils restent en formation.



24. Résumé des drills précédents que les tribuns ou commandants des tagmas d’infanterie doivent connaître.


Le héraut crie l’ordre suivant : « Faites attention aux ordres, alors vous ne désorganisez pas la ligne de bataille. Tous les yeux sur l’étendard. Ne laissez aucun de vous l’abandonner. Mais poursuivez l’ennemi calmement et en ordre ». Les troupes marchent calmement, silencieusement, d’un pas régulier, en portant haut la pointe de leurs lances. Elles doivent s’habituer à manœuvrer sur un signal, que ce soit par la voie ou par le geste, à marcher ou faire halte, à diminuer ou diviser leurs rangs. L’ordre « Quittez la file » est donné. Ils marchent régulièrement et en ordre serré sur une certaine distance. Si le front de la tagma est irrégulier, l’ordre est « redressez le front ». Pour réduire ou resserrer la profondeur et la largeur l’ordre est « Fermez les rangs ». Pour marcher, l’ordre est « Formez le foulkon ». Ils doivent simuler le combat singulier, tantôt avec des bâtons, tantôt avec l’épée nue. Un homme crie : « Aide nous », et tous répondent à l’unisson : « Au Dieu ».



Deuxième drill.

Pour former la double phalange, l’ordre « Primi restent en place, secundi sortent » est donné. Pour bouger à droite et à gauche. Si le commandant veut qu’ils aillent à droite, il donne l’ordre : « Face à la droite », et à gauche : « tournez et marcher à gauche ». Et ils avancent. « Retour ». Et ils reprennent leur position originale. Pour la ligne défensive à double face, le commandement est : « Face à toutes les directions ». Puis ils reprennent leur position originale. Pour basculer le front sur la droite ou la gauche. Si c’est à droite : « Changez à droite ». Si c’est à gauche : « Changez à gauche ». Pour étendre ou élargir. Si le commandant veut que la ligne s’étende sur la droite, il donne l’ordre : « Etendez à droite ». S’il veut étendre des deux côtés : « Etendez des deux côtés ». Pour augmenter ou doubler la profondeur des files. Si elles ont 8 ou 4 rangs de profondeur, il donne l’ordre : « Entrez ». Pour faire face à l’arrière. L’ordre est : « Volte-face ».

Un règlement écrit concernant ces manœuvres doit être donné aux tribuns, et les merarchs doivent aussi connaître le principe de ces mouvements.


C. Schéma d’un camp fortifié.

Image

Il doit être noté que la ligne à l’extérieur du convoi de chariot indique une tranchée. Les chausses trappes sont indiquées par la lettre lambda Λ, et les signes au milieu représentent les tentes. Les rues principales en forme de croix doivent être large de 50 pieds, et l’espace autour des chariots de 2000 pieds. Un fossé doit être creusé à l’extérieur des chausses trappes, afin que les animaux ou les hommes du camp ne puissent pas y être piégés involontairement.





D. La chasse. Chasser des animaux sauvages sans accident ou blessure grave.

Consacrer du temps à la chasse est d’une grande importance pour les soldats ; cela ne fait pas que de les rendre plus vigilant et leur fournir de l’exercice pour leurs chevaux, cela leur procure une bonne expérience en tactique militaire. Il est très important pour eux de devenir expert en cette matière par une pratique régulière pendant les périodes de l’année opportunes et appropriées, lorsque l’homme sans expérience peut facilement apprendre, et que ceux qui commettent des erreurs, comme on peut s’y attendre, peuvent être corrigés sans que leurs erreurs ne nous causent de tort. Puisque la divine providence a fait naître de si nombreux animaux sauvages à l’esprit vif et aux pieds ailés et qui suivent leurs propres meneurs, il n’est rien de plus normal que les attaques portées contre eux soient menées avec un certain degré de tactique et de stratégie.

Les formations ne doivent pas être très profondes, sinon elles seront trop courtes et occuperont un si petit espace qu’elles seront inefficaces pour rassembler le gibier. Elles ne doivent pas non plus être trop étendues avec les soldats à grande distance les uns des autres, où le gibier s’échappera par les intervalles de la formation et sera perdu. Dans les régions plates et dégagées, la ligne peut être étendue jusqu’à sept ou huit miles, mais pas davantage ; dans les régions plutôt plates mais denses, la distance doit être moindre.

Il est important de fixer une limite au nombre de cavalier pouvant tenir en formation sur chaque mile, ils doivent être organisés de façon suffisamment lâche pour qu’ils ne se rentrent pas dedans ni ne se mélangent pendant qu’ils chevauchent. Autorise jusqu’à huit cents ou mille cavaliers par mile.

La veille du jour de la chasse, quelques éclaireurs doivent aller repérer le gibier et étudier soigneusement le terrain. Les commandants de chaque unité doivent ensuite donner les ordres à leurs troupes. Une fois que la ligne a été formée, chacun doit avancer calmement et en ordre. Personne ne doit quitter la place qui lui a été assignée, même s’il est confronté à un terrain difficile. Personne ne doit aiguillonner son cheval ou tirer lorsqu’il n’est pas supposé le faire. Cependant si du gibier est poursuivi, le premier homme qui arrive à une distance de flèche de lui doit tirer dessus sans quitter sa place dans les rangs. Un des hérauts doit ensuite remettre le gibier mort au commandant de la tagma, et personne d’autre ne doit avoir l’audace de le prendre. Si par quelque négligence, le gibier s’enfui, la personne responsable de l’avoir laissé s’échapper devrait être punie.

Personne ne doit chevaucher à l’avant de la ligne excepté les merarchs avec leurs hérauts et les commandants de tagma et leurs hérauts. Les merarchs doivent disposer leurs hérauts tout au long du front de chaque meros pour transmettre les ordres du général et les rapports des éclaireurs dès qu’ils arrivent. Les commandants de tagma doivent maintenir l’alignement de leurs tagma.

Le jour de la chasse donc, avant la deuxième heure, l’armée part à la chasse. Les hommes doivent s’équiper avec des armes légères telles que des arcs et, pour ceux qui n’ont pas d’expérience en archerie, des lances. Quelques uns des éclaireurs partent à l’avant pour observer le gibier, tandis que les autres guident l’armée. Quand le gibier est proche, à trois ou quatre miles devant, commence à former la ligne en un endroit approprié et protégé. Ne le fait pas trop près de crainte qu’à cause du vent et du mouvement de l’armée, les animaux, dont les sens sont aiguisés, sentent l’odeur des soldats et s’enfuient. L’armée doit être alignée en phalange de trois sections, centre, droite et gauche, avec des gardes flanc positionnés légèrement en retrait, mais près des flancs de la ligne. La profondeur des files, comme nous l’avons dit, dépendra des effectifs de l’armée, la nature du terrain, et de la distance à couvrir. Elles peuvent compter quatre, deux ou même un cavalier de profondeur. Les éclaireurs arrivent et dirigent les flancs de la ligne, dont la tâche consiste à contourner le gibier pour l’encercler complètement. La ligne commence à avancer dans la formation de phalange normale, mais dès que le gibier s’approche et arrive en vue, les flancs commencent à s’avancer, et la ligne adopte une formation en croissant, les cornes s’approchant graduellement l’une de l’autre jusqu’à ce qu’elles se rejoignent et le gibier est à l’intérieur de la ligne complément encerclé.

Si un vent fort souffle, la corne côté au vent doit chevaucher à une bonne distance du gibier, où son odeur pourrait avertir le gibier de son approche, et avant qu’il ne puisse être encerclé, le gibier s’enfuira. Si le gibier s’inquiète avant que les cornes aient eu le temps de se rejoindre et s’il commence à s’enfuir pour éviter d’être prit puis s’échappe par l’espace entre les cornes, alors les gardes flanc postés de chaque côté des cornes doivent avancer plus vite en colonne jusqu’à ce qu’ils arrivent au contact. C'est-à-dire qu’ils avancent jusqu’au sommet des cornes et comblent le trou derrière eux, de sorte que le gibier soit repris à l’intérieur de la ligne de cavalier. Après avoir coupé la retraite du gibier, les cornes de la ligne prennent contact puis passent l’une à côté de l’autre, le flanc droit tenant l’intérieur et le gauche l’extérieur. Tandis que les flancs continuent leur mouvement en spiral, le gibier est progressivement pressé vers le centre, et cet endroit, à présent encerclé par la ligne de cavaliers, est réduit jusqu’à ce que quatre cercles ou plus ont été parcouru et que la circonférence totale équivaut à un ou deux miles. Le gibier peut être alors rapidement atteint, et l’espace sera suffisamment large pour que les archers puissent tirer sans se blesser les uns les autres.

Lorsque le cercle a été fermé de la façon décrite, des soldats à pied, s’il y en a, portant des boucliers, doivent être envoyés à l’intérieur de ce cercle fermé et être positionnés avec les boucliers joints ensemble devant les cavaliers. Ceci empêchera les plus petits animaux de profiter de la cohue pour s’échapper à travers les jambes des chevaux. S’il n’y a pas d’infanterie, choisi quelques uns des cavaliers du cercle extérieur de la formation et fait les s’aligner comme cela vient d’être décrit.

Après ça, le général doit désigner les officiers ou les soldats les plus aptes à tirer sur le gibier à cheval. A part les hommes désignés par le général, personne ne doit oser se lancer sur le gibier. Si l’heure est tardive, l’espace à l’intérieur du cercle peut être encore plus réduit en demandant aux soldats à pied de joindre leurs boucliers jusqu’à une certaine hauteur, de sorte que le gibier puisse presque être tué à la main.

Quand tout a été accompli comme prévu, et que la prise en valait la peine, elle doit être distribuée en parts égales entre les tagmas, de sorte que, les hommes jouissant du fruit de leur commun labeur, le moral de toute l’armée s’en trouve amélioré. Si la prise n’en valait pas la peine, distribue la par tirage au sort. Une récompense doit être distribuée aux éclaireurs, ou espions, si leur travail a soigneusement accompli.

Cette formation peut être utilisée par une armée qui sort de son camp dans ce but expressément puis y retourne, ou être employée pendant la marche. Car elle n’est pas seulement appropriée dans les cas où les animaux ont été préalablement repérés, mais aussi, comme cela est vraisemblable, lorsqu’ils ont été surpris à l’improviste par l’armée en marche. Elle ressemble à la formation de bataille que les Scythes aiment utiliser, mais elle est un peu plus lente et plus étirée. En fait, les troupes qui essayent de mettre en place cette formation pour la première fois ne doivent pas l’utiliser lors d’une vraie chasse tout de suite. En raison de leur probable inexpérience, les erreurs, le labeur et la fatigue qui en résulteront tendront à discréditer cette formation comme étant inutile. Désigne plutôt d’abord quelques cavaliers pour simuler le gibier, afin que le corps d’armée principal puisse se servir d’eux pour estimer leurs distances et apprendre facilement les mouvements d’encerclement.

Il y a une autre méthode que nous croyons plus courte et plus simple pour conduire une chasse et qui peut être mise en place même pas un petit contingent de cavaliers, spécialement lorsque les animaux ont été repérés à l’avance. La veille de la chasse, l’armée est divisée en cinq contingents, un tiers, un quart et un douzième des forces. Le tiers devient le contingent du centre, les deux quarts les contingents des flancs, et les deux douzième les gardes du flanc. Comme l’armée s’approche à présent du point désigné, ainsi que nous l’avons déjà décrit, les éclaireurs, faisant office de guides, et faisant de leur mieux dans le temps qui leur est imparti, travaillent à ramener le gibier des alentours en face du contingent du centre mais pas sur les côtés. La division du centre est d’abord alignée en phalange, c'est-à-dire le long de la bouche ou du front. Derrière vient la division de gauche avec ses gardes du flanc un peu en retrait sur son flanc gauche. Ensuite vient le contingent de droite avec ses gardes du flanc lui aussi en retrait sur sa droite. Les éclaireurs partent à l’avant, prenant position à côté des divisions de flanc, là où les gardes flanc sont alignés. La division du centre s’arrête en ligne tandis que les autres passent calmement par ses flancs dans la direction du gibier. Sitôt que les autres divisions sont passées, le centre avance sans interruption. Le résultat est tel que la formation entière devient comme un ordre de bataille régulier, celui avec les flancs avancés. Ils continuent à marcher jusqu’à ce que les cornes dépassent le gibier, qui se trouve alors au-dedans. A présent que le gibier est presque encerclé, les gardes flanc avancent en colonne depuis les côtés, augmentent leur allure et se rejoignent, fermant ainsi le quatrième côté, de sorte que la formation entière devient comme une brique rectangulaire. Le gibier complètement encerclé, les cavaliers des quatre côtés se serrent ou se rapprochent. Les cavaliers sur les flancs se rapprochent des gardes du flanc suivis de ceux du centre. De cette façon les gardes flanc resserrent leurs propres rangs, et les hommes sur les flancs manoeuvrent de sorte que leur section ne laisse paraître aucun espace à travers lesquels le gibier pourrait s’échapper. Quand les lignes ont été correctement fermées, un lieu approprié pour abattre le gibier encerclé est choisi. En maintenant un bon ordre serré, les deux côtés font alors halte. Les deux autres côtés réduisent ou augmentent la profondeur, en avançant l’un vers l’autre jusqu’à ce qu’ils soient à trois ou quatre distances de flèches. Les autres cotés adaptent leurs mouvements, comme nous l’avons plusieurs fois fait remarqué, et se rapprochent d’eux sur leurs flancs. Quand l’espace où se trouve le gibier s’est réduit, comme nous l’avons mentionné plus haut, les soldats les abattent. Cette formation peut être mise en place immédiatement après avoir quitté le camp. Le contingent du centre marche devant, comme nous l’avons observé précédemment, et les deux autres suivent à l’arrière jusqu’à proximité du gibier. Quand l’armée trouve un lieu protégé à trois ou quatre miles du gibier, la manœuvre décrite ci-dessus peut commencer.

Il y a une autre méthode qui peut être mise en place par un plus petit nombre encore de cavaliers, une méthode que les Scythes aiment employer. Les cavaliers, pour la plupart archers, sont divisés en équipes de cinq ou dix hommes chacune. Elles se répartissent le territoire où se trouve le gibier. Quand le gibier déclanche sa course, les hommes dans la zone avancent et en se rapprochant de lui autant qu’ils peuvent et commencent à tirer. Cependant, cette méthode bien que procurant plus d’excitation et d’entraînement individuel, à cause de toutes ces cavalcades peut s’avérer dangereuse pour les soldats les plus jeunes, peut épuiser les chevaux et peut entraîner des erreurs.

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Magister Dictator "Goths mit Huns"


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