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 Sujet du message: Le Strategikon Traduction de Geta: Livre IV
Nouveau messagePublié: 08 Sep 2008, 07:49 
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Livre IV les embuscades.



I) Embuscades et stratagèmes contre un ennemi supérieur en nombre.


Les embuscades correctement élaborées sont du plus grand secours à la guerre. Usant différentes méthodes, elles détruisaient en peu de temps de grandes forces avant qu’elles n’aient eu l’occasion de mener leur ligne de bataille à l’action. Quelques commandants ont tiré profit d’un terrain favorable, tel que des bois denses, des vallées, des côtes raides, des ravins, des montagnes s’étendant à proximité de la ligne ennemie. Ils l’utilisaient pour dissimuler leurs troupes afin qu’elles ne soient pas détectées à distance et attaquées. Alors, en chargeant soudainement l’arrière de l’ennemi avant que la bataille principale ne fût engagée, ils semaient le trouble dans ses rangs et le mettaient en déroute. D’autres commandants, lorsque le terrain n’était pas à leur avantage, ne plaçaient pas les troupes d’embuscade près de la ligne ennemie mais sur le flanc entre les lignes ennemies et les leurs ou même derrière leurs propre flanc. De temps en temps, ils postaient la plus grande partie des troupes dans l’embuscade pendant que la plus petite partie était alignée pour faire face à l’ennemi. Ceci est particulièrement employé contre les peuples aux cheveux clairs et autres peuples indisciplinés.


II) L’embuscade scythe.

Malgré des effectifs nombreux, certains commandants n’alignent que la plus petite partie de l’armée. Lorsque la charge est lancée et que les lignes combattent, ces soldats tournent rapidement les talons ; l’ennemi entame alors la poursuite et devient désordonné. Ils chevauchent au-delà de l’endroit où l’embuscade est tendue et alors les unités embusquées chargent et frappent l’ennemi à l’arrière. Puis ces unités s’enfuient et font volte face, les troupes ennemies se retrouvent prises entre les deux groupes. Les scythes font ça tout le temps.


III) Embuscades des deux côtés.


Certains commandants creusaient une tranchée de 8 ou 10 pieds de profondeur, de 50 ou 60 pieds de large et étendues sur une bonne distance. Ils la recouvraient d’une armature de bois légère avec du foin et de la terre afin qu’elle ressemble au terrain autour d’elle sans que l’on puisse voir de différence. La terre excavée était enlevée du site de sorte à ne pas paraître étrange. A différents endroits au milieu de la tranchée, ils laissaient quelques solides points de franchissement en terre ferme bien démarqués et connu de leur propre armée en temps utile. Des deux côtés près de la tranchée, les commandants plaçaient les troupes d’embuscade à couvert, où elles ne pouvaient être vu par l’ennemi, et ils alignaient le reste des troupes devant la tranchée. Lorsque la bataille s’engageait, les hommes alignés devant la tranchée simulaient la défaite en se retirant en sécurité par les sections dures qu’ils connaissaient. L’ennemi engageait une poursuite impétueuse et non contenue et tombaient dans la tranchée. Alors les troupes embusquées chargeaient soudainement et les hommes qui feignaient de retraiter revenaient. La plupart des ennemis périssaient, certains en tombant dans la tranchée, les autres pendant leur fuite en désordre causée par le désastre inattendu. C’est par ce stratagème que les Nephthalites vainquirent Peroz, le roi des perses. [ En 468, Agathias Historiarum Libri ; Procope De bello persico].

Ce genre d’embuscade nécessite cependant beaucoup de temps et des manœuvres nombreux et peut être facilement décelée par l’ennemi à cause des déserteurs ou des éclaireurs. Le même type d’embuscade était monté sur terrain marécageux. Le commandant repère à l’avance deux ou trois passages fermes et solides et les fait connaître à son armée lorsqu’elle est alignée en formation. Les troupes sont mises en ligne devant le marécage et lorsque la bataille s’engage, ils feignent de fuir en empruntant les passages et conduisent l’ennemi à tomber droit dans le marécage. Alors, les troupes embusquées sur les flancs chargent soudainement et les hommes qui feignaient de retraiter détruisent et vainquent l’ennemi. Les tribus scythes des Goths usèrent de ce stratagème contre l’empereur Romain Decius lorsqu’ils traversèrent le Danube, envahirent la Thrace et firent la guerre contre lui autour de la Moesia. [En 251 près de l’actuelle Razzrad dans la région de Dobrudja en Roumanie. Zosime Histoires]. Dès lors, Decius employa avec succès la même stratégie de retraite simulée qui lui permit dans une guerre intensive de détruire nombre d’entre eux.

Ce même type de piège pourrait être tendu à l’ennemi sans tranchée ni marécage. Au moment où elles ne sauraient être repérées, des étoiles d’acier peuvent être éparpillées ou ficelées ensembles de sorte qu’elles puissent être facilement récupérées après usage. Elles doivent couvrir toute la longueur de la ligne de bataille sur une profondeur de 100 pieds. Quatre ou cinq passages d’une largeur de 300 ou 400 pieds doivent être laissés libre au milieu, connus de l’armée et clairement marqués par des grandes branches d’arbre, des fers de lances aux formes étranges, des tas de terre ou de pierres, ou autres marques manifestes. Ces marques ne doivent pas être placées seulement à l’entrée des passages ou devant la zone couverte d’étoiles mais aussi en profondeur de sorte qu’après que l’action se soit engagée, lorsque les unités feignant de fuir ont emprunté les passages, les jalons puissent être enlevés ou renversés par des cavaliers désignés pour cette tâche. Les soldats embusqués des deux côtés peuvent alors charger pendant que l’ennemi trébuche contre les étoiles et éprouve des difficultés à avancer ou reculer.

La même chose peut être réalisée sans étoiles. Des trous ronds du type nommée « brise-chevaux » peuvent être creusés ça et là. Ils doivent faire un mètre de diamètre, deux ou trois pieds de profondeur avec des pieux acérés fixés au fond. Les trous doivent être creusés en rangs alternés et le long de lignes droites, ils sont espacés de 3 pieds l’un l’autre dans tous les sens et doivent couvrir une zone large de 150 pieds et aussi longue que la ligne de bataille. A l’heure de la bataille, la première ligne doit s’aligner à un mile devant les obstacles et la seconde ligne à deux ou trois distances de flèche derrière ces derniers pas sur toute la longueur du front mais en ligne face aux intervalles ou espaces libres. En cas d’urgence, lorsque les troupes en première ligne sont refoulées, elles peuvent facilement retraiter par ces espaces libres et, au besoin, la seconde ligne peut facilement avancer en empruntant ces mêmes intervalles pour attaquer l’ennemi. Si toute l’armée est alignée derrière les obstacles sans unités devant, elle doit être placée à trois distances de flèches de ceux-ci. Lorsque l’ennemi progresse vers les obstacles, il faut le charger juste au moment où ses chevaux tombent dans les trous et sont tués. Lorsque notre ligne est formée derrière les obstacles, les passages laissés libre ne doivent pas être trop large afin d’éviter qu’un grand nombre d’ennemi puisse s’engager dans le combat sans danger.

N’importe lequel de ces stratagèmes ou ruses doit être préparé secrètement par un petit groupe d’hommes de confiance. Ils doivent accomplir le travail le jour même de la bataille ou le jour d’avant tard le soir et évidement à l’endroit où la bataille est attendue puis ils doivent y attendre l’ennemi. Ils doivent en informer les soldats en temps voulu, notamment les porte-étendards afin que ceux-ci sachent quoi faire. Les bandons ne doivent pas se replier en formation régulière mais se suivre les uns derrière les autres en formation libre selon l’emplacement des passages. Il doit avoir été ordonné à tous les soldats de suivre leur propre étendard, spécialement pendant la retraite, de crainte, Dieu nous en préserve, qu’ils ne s’égarent et tombent eux-mêmes dans le piège.

De tous les stratagèmes décrits ci-dessus, nous pensons que les étoiles peuvent être employées le plus facilement et le plus discrètement sur toute sorte de terrain. On doit aussi, bien sûr, former la ligne de bataille en adéquation avec le terrain. Si l’assaut contre l’ennemi est décidé, comme décrit dans le précédent livre, deux ou trois bandons de bons soldats, voir plus selon la taille de l’armée, doivent être détachés sous le commandement d’officiers intelligents et courageux. En fonction du terrain, un premier groupe doit engager les opérations sur la droite de la ligne ennemie et un second doit faire de même sur la gauche. Si l’ennemi lance une attaque, ces unités doivent le repousser et ne pas lui laisser le temps d’atteindre et d’harceler notre ligne de bataille. Si l’ennemi n’attaque pas, ils doivent alors attaquer dans ce secteur ou faire un raid, sur le train de bagage si l’opportunité se présente, sur l’arrière ou sur les ailes de la ligne ennemie. Au cas où l’ennemi serait formé sur deux lignes, ou devait avoir des unités embusquées derrière sa ligne pour trouver et nuire à nos propre détachements d’embuscade, nos hommes détachés à l’embuscade doivent aller prudemment en reconnaissance pour être prêt à anticiper tout mouvement de l’ennemi.


IV) Moments choisis pour les embuscades.

Le moment de l’embuscade doit être soigneusement choisi. Ils ne doivent pas lancer leur attaque trop en avance par rapport à celle de la ligne car étant moins nombreux, ils seraient écrasés par l’ennemi. Ils ne doivent pas non plus trop la retarder et arriver après que la bataille soit engagée pour ne finalement rien accomplir. Les unités d’embuscade et celles du corps d’armée principal doivent avancer en même temps, qu’il y ait une ou deux embuscades. Il est tout de même préférable que les unités du corps principal avancent un peu avant les unités d’embuscade. La ligne de bataille principale avance franchement et détourne l’attention de l’ennemi pendant que l’autre agit sous couvert. Elles doivent cordonner leurs mouvements grâce aux éclaireurs, aux signaux, et au bon sens. S’il arrivait qu’ayant emprunté un raccourci, l’une se retrouve en avant, elle doit ralentir et attendre l’autre de sorte que, si possible, toutes deux, la ligne de bataille principale et l’unité d’embuscade entrent en contact avec l’ennemi en même temps.

Plus précisément, l’unité d’embuscade doit attaquer un peu avant. L’intérêt de ceci est que lorsque le désordre est jeté dans les rangs ennemis par l’embuscade, la ligne principale s’approche alors et attaque. Pour la même raison, si le terrain le permet, les embuscades doivent être menées des deux côtés surtout lorsque l’armée est grande. Une partie peut être employée à repousser les assauts ennemis pendant que l’autre attaque. Puis, malgré que ses assauts ont été infructueux ou qu’entre temps la ligne de bataille principale a été repoussée, si l’une d’elle demeure intacte, elle ne doit pas pour autant céder à l’ennemi, retourner en seconde ligne et s’y mélanger avec les fugitifs ; au contraire, elle doit rester alerte et essayer d’attaquer l’ennemi par l’arrière et contraindre ses hommes à la fuite.


V) L’usage des formations irrégulières par les troupes détachées aux embuscades et aux attaques surprises.

Nous considérons qu’il va de soit que les détachements désignés pour les embuscades, pour les attaques à l’arrière ou sur les flancs d’une ligne, pour garder l’arrière, les flancs ou le train de bagage, pour apporter un soutien rapide à une unité durement pressée, ou pour les petites missions de reconnaissance sont bien meilleurs s’ils adoptent une formation irrégulière plutôt que celle appropriée pour une grande ligne de bataille entièrement disposée par dekarchies et pentarchies [formation irrégulière : droungos. Végèce l’appelle un globus Epitoma rei militaris, 3, 19].

La ligne, il est vrai, à l’air impressionnante, est plus puissante, mieux organisée et peut lors de la bataille charger plus fermement, mais puisqu’elle n’est pas très flexible, elle est lente et maladroite dans les manœuvres d’urgence. La formation irrégulière a les caractéristiques inverses. Elle peut facilement se dissimuler pour une embuscade, elle n’a pas besoin de beaucoup de place, et peut être manœuvrée rapidement en cas d’urgence. C’est pour cela que du temps doit être consacré à l’exercice et, grâce à l’expérience, ces éléments basiques deviendront évidents. La formation doit être adaptée à la taille du détachement et à la configuration du terrain. Si une unité de l’armée, de grande taille ou même de taille modérée est placée en embuscade avec comme objectif d’attaquer un point précis, elle doit être formée par dekarchies ou pentarchies. Mais si peu de troupes sont impliquées dans l’embuscade ou si l’attaque est portée sur différents points, alors c’est une formation irrégulière qui s’impose. En d’autres termes, la différence entre les deux formations est la suivante : la première est faite pour les opérations majeures impliquant peu de risques ; l’autre est faite pour apporter un soutien rapide, poursuivre, faire un raid éclair, et provoquer de la confusion.

Cette dernière formation, tenue pour appropriée à la cavalerie, doit être apprise par un entraînement continuel de la façon que nous avons décrite, individuellement, par bandons. Si l’acquisition des connaissances est correcte, les instructions ou tout autre ordres ne seront pas nécessaires. La formation même et l’exercice apprennent à chaque homme ce qu’il doit faire.
Quelques personnes, prudentes à l’excès et réticentes à charger, pourraient soutenir que cette formation est un peu compliquée et variable et pose donc trop de problèmes. Ces personnes devraient réaliser que les athlètes, les auriges et autres qui concourent pour le simple amusement le font seulement pour la réussite matérielle et la récompense ; et un incapable à ce jeu n’a que son chagrin pour unique pénalité de son échec ; pourtant ils se soumettent à de rudes épreuves et labeurs. Ils limitent rigoureusement leur alimentation, et n’arrêtent jamais l’entraînement, ils peuvent ainsi apprendre plusieurs façons de blesser leurs adversaires, plusieurs façons de se garantir des blessures que peuvent leur infliger ces derniers et comment briser la clef dans laquelle ils pourraient être pris. Combien plus devrions nous alors répéter ces formations et manœuvres, inlassablement, avec souplesse et intelligence ? Dans le cas présent, l’échec signifie la mort immédiate ou la fuite, qui est pire que la mort, alors que le succès apporte gratifications, gain matériel, la célébrité et la gloire éternelle. Nous ne devons pas compter sur une seule formation quand une erreur accidentelle engage la vie de tant d’hommes. Le responsable peut n’être jamais connu, mais pour l’erreur d’un seul, tous peuvent souffrir. Il n’est pas besoin d’écrire plus longtemps à ce propos, la liste même des arguments rendrait le livre trop long. Lire ces exercices de style nécessite beaucoup plus de temps que de pratiquer les manœuvres.

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Image Goths mit Huns


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