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 Sujet du message: Le Strategikon Traduction de Geta: Livre VII
Nouveau messagePublié: 08 Sep 2008, 08:02 
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Livre VII
Stratégie. Les points que le général doit prendre en considération.


Avant le jour de la bataille

Un navire ne peut pas traverser la mer sans un timonier, ni quelqu’un vaincre un ennemi sans tactique et stratégie. Avec celles-ci et l’aide de Dieu, il est possible de triompher non seulement d’un ennemi de force égale mais aussi d’un ennemi de loin supérieur en nombre. Il n’est pas vrai, comme le croient quelques personnes inexpérimentées, que l’issue des guerres est déterminée par le courage et le nombre de troupes, sinon avec la faveur de Dieu, par la tactique. Notre intérêt doit porter là-dessus plutôt qu’à perdre notre temps à mobiliser un grand nombre d’hommes. La première procure avantage et sécurité aux hommes qui savent en user alors que l’autre apporte le trouble et la ruine pécuniaire.

Dans son combat contre l’ennemi, le chef doit tirer profit du temps et des sites avantageux. D’abord il doit se prémunir contre les attaques ennemies qui peuvent blesser nos hommes, puis il doit tenter à son tour de lancer une attaque contre l’ennemi. Il doit avant tout rechercher les embuscades ennemies en envoyant fréquemment et sur de longs parcours des patrouilles en toutes directions dans et autour de la zone du champ de bataille. Il doit éviter les poursuites désordonnées et mal coordonnées. Nous ne voulons pas permettre que le général prenne personnellement part aux raids ou autres attaques téméraires. Ces derniers doivent être confiés à d’autres officiers compétents. S’il arrivait que l’un des officiers de grade inférieur commette une erreur ou échoue, la situation pourrait être rapidement redressée. En revanche, si le chef de l’armée entière échoue, son échec peut ouvrir la voie au désordre total.

Ce général est un sage qui avant l’entrée en guerre observe prudemment l’ennemi et est capable de se protéger de ses points forts de tirer profit de ses faiblesses. Par exemple, si l’ennemi est supérieur par le nombre de cavaliers ; il doit détruire ses fourrages. S’il est supérieur par le nombre de ses troupes ; coupe lui l’approvisionnement. Son armée est composée de différents peuples ; corrompt les avec des présents, des faveurs et des promesses. Il y a de la discorde dans leurs rangs ; traite avec les leaders de ces dissensions. Ce peuple compte sur l’usage de la lance ; mène les sur un terrain difficile. Ce peuple compte sur l’usage de l’arc ; adopte une ligne aérée et force les à se resserrer pour un combat main à main. Contre les Scythes ou les Huns, lance ton attaque en février ou en mars lorsque leurs chevaux sont en mauvaise condition après les souffrance de l’hiver et procède de la façon que nous venons d’indiquer contre leur archers. S’ils marchent ou campent sans précautions, lance des raids surprises de jour comme de nuit. S’ils sont téméraires, indisciplinés au combat et non aguerris aux épreuves, fait leur croire que tu vas attaquer mais repousse l’assaut et fait durer les choses jusqu’à ce que leur ardeur se calme et quand ils commencent à hésiter attaque les. L’adversaire est supérieur en infanterie ; attire le au grand jour, pas trop près et attaque le avec des javelines depuis une distance sûre.

La guerre est semblable à la chasse. Les animaux sauvages sont pris par l’observation, les pièges le guet, la traque, l’encerclement et autres stratagèmes plutôt que par la force pure. En campagne, il faut agir de la même façon, que l’ennemi soit nombreux ou pas. Te contenter d’essayer de vaincre l’ennemi en bataille ouverte, main à main et face à face, même si tu semble partir vainqueur, est une entreprise très risquée et dont il peut résulter un grand mal. Hormis les cas d’extrême urgence, il est ridicule d’essayer de remporter une victoire si coûteuse et qui n’apporte qu’une gloire dénuée de sens.


1) La bénédiction des drapeaux.

Un ou deux jours avant que les hostilités ne commencent, les merarchs doivent s’assurer que les drapeaux soient bénis et les remettre aux portes enseigne des tagmas.


2) Organisation des équipes.

Le commandant de chaque tagma doit maintenir l’effectif de sa tagma au complet et l’organiser en équipes.


3) Réunir les renseignements sur l’ennemi.

Tous les efforts doivent être fait pour envoyer à intervalles réguliers des éclaireurs à la vue perçante, des espions et des patrouilles afin d’obtenir des informations sur l’ennemi, ses mouvements, ses effectifs et son organisation pour éviter d’être surpris.


4) L’utilisation des discours pour encourager les troupes.


A un moment bien choisi et pas toutes à la fois au même endroit, les troupes doivent être assemblées par meros ou moiras. Des discours appropriés rappelant leurs victoires passées, leurs promettant des récompenses de l’empereur et une récompense pour leurs loyaux services rendus à l’Etat, doivent être déclamés pour les encourager. Les ordres écrits doivent ensuite être communiqués aux troupes par les officiers de chaque tagma.


5) Les ennemis fait prisonniers par les patrouilles.


Si des ennemis sont capturés par une patrouille ou désertent en notre faveur ; soit ils sont bien armés et en bonne condition physique, auquel cas ils ne doivent pas être montrés à l’armée mais envoyés secrètement à un autre endroit. Soit ils se présentent en mauvaise condition physique, alors assure-toi que les déserteurs soient montrés à toute l’armée, et fait déshabiller les prisonniers avant de les faire défiler partout puis supplier pour leur vie, afin que nos hommes en viennent à penser que tous les soldats ennemis sont aussi misérables.


6) Punition des délinquants.

A l’approche de l’ennemi et avec l’imminence de la bataille rangée, il faut ordonner aux commandants des tagmas d’éviter la punition aux soldats qui ont commis des délits les derniers jours et de ne pas les traiter avec rudesse. A l’inverse, ils doivent être consciencieux dans le traitement de ceux qui sont suspectés de nourrir quelque ressentiment. S’ils font preuve d’intransigeance, alors utilise un prétexte plausible pour les envoyer ailleurs jusqu’après la bataille afin qu’ils ne puissent pas passer dans le camp ennemi et lui fournir des renseignements dont il ne doit pas avoir connaissance. Les hommes de la même race que l’ennemi doivent être renvoyés à l’avance et ne doivent pas être menés à la bataille contre leur propre peuple.


7) Entretien des soldats, de leurs chevaux et de leur campement.

Lorsque la bataille est imminente, des provisions doivent être réunies, en gardant à l’esprit la possibilité d’une défaite, et des mesures prises pour les protéger des attaques ennemies. Plus particulièrement, de la nourriture pour quelques jours pour hommes et chevaux doit être rassemblée. Des camps fortifiés doivent être construits dans des lieux appropriés, suivant le plan donné ci-après, dans lesquels on puisse en toute sécurité s’approvisionner en eau dans les cas d’urgence.


8) Concertation avec les merarchs à propos du champ de bataille.

Le général doit rassembler les merarchs et établir un plan de bataille en prêtant attention au site où doivent se dérouler les combats.


9) L’abreuvage des chevaux.

L’ordre doit être donné tôt aux officiers de s’assurer qu’au premier son de trompette le soir de la veille de la bataille les chevaux soient menés au point d’eau. S’ils négligent cela, leurs hommes pourraient se retrouver loin derrière les autres au moment de se former pour le combat.


10) Rations transportées dans la sacoche de selle.

Avant le jour de la bataille, l’ordre doit être donné à chaque soldat d’emporter dans sa sacoche de selle une livre ou deux de pain, de l’orge, des flocons d’avoine bouillis ou de la viande et une petite gourde d’eau dans un sac mais pas de vin. Ces rations peuvent s’avérer indispensables tant en cas de victoire qu’en d’autres circonstances. Assez souvent l’ennemi vaincu retourne à toute vitesse vers une position fortifiée, il est alors nécessaire de passer la nuit là bas, de guetter ses mouvements, ou de continuer la bataille jusqu’au soir. Les rations doivent être fournies afin d’éviter que par leur manque l’opération ne soit annulée.


11) Faire la guerre contre un peuple inconnu.

Si nous nous retrouvons en guerre contre un peuple puissant dont les méthodes de combat nous sont étrangères et que l’armée, ne sachant pas à quoi s’attendre, est en proie au doute ; alors nous devons éviter d’entrer tout de suite en bataille ouverte. Avant tout combat, la première et plus sure chose à faire est de choisir quelques soldats légèrement armés et expérimentés et de lancer dans le plus grand secret une attaque contre quelques détachements ennemis. S’ils réussissent à tuer ou capturer des ennemis alors la plupart de nos soldats considéreront cet acte comme une preuve de notre supériorité. Ils surmonteront leur crainte, leur moral va s’améliorer et ils vont progressivement s’habituer à combattre ce nouvel adversaire.


12) Les attaques surprises de l’ennemi pendant la marche.

Si l’ennemi lance une attaque surprise et que les conditions ne sont pas propices au combat en raison d’un terrain accidenté, d’une végétation dense ou parce que le temps joue contre nous ; alors nous ne devons pas nous organiser le combat ici. Nous devons plutôt nous efforcer de réunir nos troupes, d’occuper une position appropriée pour le camp et de temporiser jusqu’à ce que le lieu et le temps deviennent plus favorables. Nous ne devons pas être forcé de nous battre quand nous ne le voulons pas. Cela ne signifie pas que nous nous sauvons devant l’ennemi mais seulement que nous évitons un mauvais emplacement.


13) Les camps et l’entretien des chevaux à l’intérieur de ceux-ci.


Lorsque l’ennemi approche de notre camp et spécialement s’il semble vouloir mener le combat à la manière Scythe, nos options sont les suivantes. Si l’armée reste à l’intérieur des fortifications et y attend l’ennemi, du foin et de l’herbe pour les chevaux doivent être ramassés et stockés en quantité suffisante pour un ou deux jours. Mais si l’armée sort dans l’idée d’aller rejoindre un autre camp pour s’y préparer au combat, elle doit alors amasser pendant la marche un ravitaillement de foin et d’herbe pour un jour et l’entreposer dans la nouvelle fortification. Il est en effet peu probable que l’ennemi permette aux servants d’aller fourrager ou de faire paître les chevaux le jour de la bataille. Mais si l’ennemi devait suivre le convoi de près, ce serait une bonne chose, comme nous l’avons mentionné, que chaque homme ramasse le fourrage nécessaire pendant la marche même. Après avoir installé le camp, les jeunes hommes ne pourront pas sortir et ramasser du fourrage comme à l’accoutumée surtout si la cavalerie ennemie est plus nombreuse que la notre.


14) Ne pas dépouiller les cadavres ennemis pendant le combat.

Dépouiller les morts, attaquer le train de bagage ou le camp de l’ennemi avant que la bataille ne soit entièrement terminée est dangereux et peut être désastreux. Comme l’indique clairement le code militaire, les soldats doivent être avertis bien avant l’heure de la bataille que de tels actes doivent à tout pris être évités. Assez souvent ce genre de faits ont valu à des troupes qui avaient déjà gagné une bataille d’être vaincues et même anéanties. Après s’être dispersées ça et là, elles ont été décimées par l’ennemi.


15) Les peuples apparentés à l’ennemi.

Longtemps avant la bataille, les troupes de la même race que l’ennemi doivent être séparées de l’armée et envoyées en un autre lieu afin d’éviter qu’elles ne passent du côté adverse à un moment critique.


Points à observer le jour de la bataille.

1) Ne pas surcharger le général le jour de la bataille.


Le vrai jour de la bataille, le général ne doit pas prendre à sa charge trop de tâches. Il pourrait se donner trop de mal, s’exténuer et négliger quelques matières essentielles. Il ne doit pas paraître abattu ou inquiet mais chevaucher avec entrain le long des lignes et encourager toutes les troupes. Il ne doit pas prendre effectivement part au combat, ce n’est pas le rôle du général mais celui du soldat. Après avoir prit toutes les dispositions requises, il doit se poster à un point approprié depuis lequel il puisse observer quelles sont les troupes exténuées et quelles sont celles qui pourraient faiblir. En cas de besoin, il doit être prêt à envoyer du secours aux unités en difficulté en se servant des réserves, à savoir, le flanc et l’arrière garde.


2) Les archers ennemis.

En combat contre des archers, tout le possible doit être fait pour empêcher nos troupes de se positionner sur les plus bas versants des montagnes et en terrain difficile. Nos troupes doivent se former au sommet des coteaux ou autres, descendre des montagnes jusqu’en bas et s’aligner sur le plat à terrain découvert. Autrement, ils peuvent être soudainement vaincus par un détachement ennemi qui se tient en embuscade dans les hauteurs.


3) Ne pas engager l’ennemi en combat ou lui montrer nos forces avant de connaître ses intentions.

Il ne faut ni prendre contact avec le corps d’armée principal ennemi, ni lui permettre d’observer clairement nos formations avant d’avoir reconnu ses lignes et recherché s’il a mis au point une embuscade.


4) Dissimulation de la seconde ligne lorsqu’il est impossible de suivre derrière la première ; de sorte que les deux lignes apparaissent comme une seule.

Si la bataille se déroule dans un endroit ouvert et dégagé dans lequel la seconde ligne ne peut être aisément cachée, alors, afin d’empêcher que l’ennemi ne l’observe avec précision lorsqu’elle avance au combat, la seconde ligne doit suivre de très près la première de sorte que les deux apparaissent comme une seule ligne de bataille aux yeux de l’ennemi. A une distance d’un mile de l’ennemi, notre seconde ligne doit ralentir, se laisser progressivement distancer par la première jusqu’à bonne distance et adopter sa formation habituelle. Ceci rend difficile à l’ennemi, ou même à nos propres alliés, d’avoir une idée claire de la façon dont nous déployons nos troupes.


5) Stratégie et méthode pour repousser une attaque surprise de l’ennemi.


Si l’on signale qu’un détachement ennemi a passé nos gardes du flanc et nos propres groupes d’embuscade et qu’il lance une attaque contre notre ligne de front. Alors, quelques uns des bandons positionnés sur les flancs de notre seconde ligne doivent venir en aide à nos troupes. Si l’attaque a lieu d’un côté, le soutien doit venir de ce flanc ; si elle a lieu des deux côtés alors le soutien doit provenir des deux flancs. Si l’attaque est dirigée contre l’arrière de la seconde ligne et que l’arrière garde n’est pas suffisamment forte pour la repousser, ces mêmes unités des flancs doivent leur apporter de l’aide. De cette façon, le reste des troupes de seconde ligne peut se concentrer sur son objectif : soutenir la première ligne.


6) Les blessés.

Après la bataille, le général doit porter une grande attention aux blessés et veiller à ce que les morts soient mis terre. Il ne s’agit pas seulement d’un devoir religieux, mais aussi d’un grand soutien moral pour les vivants.


7) Les effectifs apparents de l’ennemi.

Si l’armée ennemie est grande et parait redoutable par la multitude de ses hommes et de ses chevaux, nous ne devons pas aligner nos troupes sur un point surélevé, dès le départ, tant que l’ennemi est encore à distance. A la vue de forces si nombreuses, nos hommes pleins d’appréhension commenceraient rapidement à perdre courage. Ils doivent plutôt être mis en ligne en contre bas, d’où ils ne pourront voir l’ennemi ni être vu de lui. Lorsque l’ennemi s’approche à 1 mile ou un demi mile, l’armée doit se rendre sur les hauteurs. De cette façon, les troupes n’auront pas le temps de perdre confiance avant que la bataille ne s’engage. Mais si le terrain ne permet pas une telle stratégie et que l’ennemi peut être clairement observé à distance, alors il faut au plus tôt propager dans la ligne la rumeur selon laquelle les forces ennemies sont principalement constituées de chevaux et du train de bagages et non de soldats.


8) Prévenir la reconnaissance de nos lignes par l’ennemi.

Un ou deux bandons doivent toujours se tenir à un mile ou deux devant le corps d’armée principal, avant le combat, pendant que les troupes forment leurs lignes. Cela permet d’empêcher l’ennemi d’observer notre formation et de modifier la sienne en conséquence.


9) Garder le camp.

Si l’armée n’a pas beaucoup d’infanterie, les serviteurs des soldats doivent être laissés à l’arrière. Positionnés sur toute la longueur des fortifications et chacun affectés à un poste de garde à l’intérieur du fossé, une arme qu’il sache manier, arc, javeline ou fronde, doit leur être fournie. Un bandon doit rester avec eux pour patrouiller et garder les entrées du camp et un officier compétent doit être placé au commandement de tout le camp.

Le train de bagage ne doit jamais sortir devant la ligne de front. Pendant la bataille c’est une proie trop facile pour l’ennemi. A présent, s’il arrive que l’ennemi lance une attaque surprise sur nos troupes pendant la marche et qu’on ne dispose pas de suffisamment de temps pour monter le camp et sécuriser le train de bagage comme expliqué ci-dessus, alors le train doit être positionné avec les unités du flanc droit de seconde ligne et un ou deux bandons de n’importe quelle troupe disponible doivent être détachés à sa garde.


10) La collecte du fourrage.


S’il n’a pas été possible, comme nous le recommandons, de ramasser des réserves de fourrage à l’avance, alors, le jour de la bataille, pendant que les jeunes hommes c'est-à-dire les soldats se mettent en formation, les servants doivent sortir pour en ramasser dans la zone autour du camp ou à l’arrière de la ligne de bataille. Dans cette mission, ils doivent être accompagnés de quelques patrouilles désignées parmi les troupes laissées à l’arrière pour garder le camp. Pendant que la bataille suit son cours, ils doivent être capable d’amasser suffisamment de fourrage. Il faut informer les servants qu’ils doivent faire attention au signal, donné depuis certains points élevés et bien visibles, qui indique que des ennemis approchent. Il peut s’agir d’un signal fumée ou du son d’une trompette qui donne l’ordre de rappel. Lorsqu’il est transmis ils doivent courir aussi vite qu’ils le peuvent et aller trouver refuge au camp afin de ne pas se retrouver isolés dehors.

Tout ceci est essentiel car l’issue du combat est incertaine. En cas de défaite, si les soldats ont des provisions pour eux et leurs chevaux, ils peuvent choisir de tenir leur position aussi longtemps que leurs chevaux restent en bonne condition, de renouveler le combat avant que les hommes ne perdent leur courage et le chevaux leur vigueur, ou de retraiter immédiatement en bon ordre. Mais si après une défaite les provisions n’ont pas été amassées en quantité suffisante, personne n’osera sortir ramasser du fourrage. Ceci qui entraîne une perte de vigueur des chevaux et une perte de courge des hommes. La faim et la peur détruisent toute aptitude à s’organiser pour améliorer la situation. Il est absolument essentiel de s’organiser à l’avance et d’avoir de la nourriture en réserve pour les chevaux pour, un, deux jours, ou plus si possible. Ceci vaut combien même le camp serait bordé de verts pâturages.


11) Après une défaite.

Si le premier jour de bataille s’achève par une défaite, il est, selon notre opinion, tout à fait inopportun et inutile d’essayer de faire retourner au combat, sur le moment ou même dans les jours qui suivent, ces troupes battues sur le champ de bataille. Nous recommandons instamment à tout général de ne pas même penser à faire une chose pareille. C’est quelque chose d’extrêmement difficile à réussir pour quiconque. Personne n’a l’habitude de se remettre immédiatement d’une défaite, excepté les Scythes, et c’est une notion particulièrement étrangère aux Romains. Même si le général a compris l’erreur qu’il a commis et espère y remédier dans une seconde bataille, les soldats dans leur ensemble sont incapables de comprendre la raison pour laquelle ils retourneraient intentionnellement droit au combat. Ils sont plus vraisemblablement en train de considérer ce qui leur est arrivé comme la volonté de Dieu et à perdre complètement courage. Donc, dans les quelques jours qui suivent une défaite, sauf en cas d’absolue nécessité, aucune tentative de se remettre en ligne et de reprendre l’offensive ne doit être menée. Il est préférable de s’appuyer sur les stratagèmes, les subterfuges, les attaques surprises minutieusement réglées, et le combat feint en s’enfuyant, jusqu’à ce que les troupes oublient leur découragement et que leur moral revienne.

Si l’armée a un bon moral et que pour de bonnes raisons, qu’il nous serait difficile d’énumérer ici, le général pense qu’une autre attaque serait avantageuse, alors il doit bouleverser la formation en inversant les deux lignes. Il doit cependant garder quelques tagmas en première ligne étant donné que la seconde ligne, qui compte des effectifs moins nombreux que la première, serait trop faible seule.

Quand une bataille se termine par une défaite, à moins qu’il y ait une raison d’espérer l’arrivée d’alliers ou d’autres formes de soutien, ou, comme cela peut arriver que l’ennemi entame des démarches de pourparlers, il ne doit pas y avoir d’indécision ou de retard. Dans le dernier cas, les conditions ne doivent pas être discutées en public sans bonne raison, mais négociées en privées. Si les conditions posées par l’ennemi sont indulgentes et peuvent être accomplies immédiatement, l’accord ne doit pas être différé mais entériné par un échange d’otages ou de serments. Mais si les conditions sont dures et sous-tendues par l’intention de faire traîner les choses et baisser leur garde à nos troupes, elles doivent être contrecarrées en faisant circuler des rumeurs dans nos rangs les rendant encore plus désavantageuses. Les hommes en apprenant combien elles sont dures seront pris de colère et se sentiront obligé de résister à l’ennemi avec plus de force et obéirons mieux à leurs officiers.

Plus les choses prennent du retard et plus les vaincus sont démoralisés et les vainqueurs confiants. Par conséquent, avant que les hommes ne soient complètement abattus, le général doit soutenir les commandants de la tagma, et en plus des dekarchs et pentarchs, il doit exhorter les troupes en expliquant que le temps de l’abattement n’est pas venu mais bien davantage celui de la colère contre l’ennemi et du courage de tous pour compenser l’échec de quelques uns. S’il y a une raison d’espérer que la défaite puisse être effacée par une bataille ouverte, les formations décrites doivent être mises en place. Et même si ce n’est pas le cas, il est important de présenter un front sûr face au danger. Si l’armée ennemie victorieuse se compose principalement d’infanterie, alors nous devons nous retirer à cheval sans délai et en bon ordre, soit pour retraiter, soit pour aller établir un camp en toute sécurité n’importe où ailleurs. Si les vainqueurs disposent d’une cavalerie nombreuse, comme les Perses ou les Scythe par exemple, il est préférable d’abandonner sur place le matériel superflu et les chevaux les plus lents. Excepté si les forces montées ennemis sont réduites, tous les hommes doivent démonter et prendre position sur deux phalanges ou formations, ou en une seule rectangulaire à 4 côtés. Comme décrit, les soldats doivent prendre place à l’extérieur avec les archers devant eux, et chevaux et bagages au centre. Dans cette formation, l’armée peut se déplacer ou retraiter en sécurité.


12) Après une bataille victorieuse.

Parallèlement, si l’issue de la bataille est favorable, on ne doit pas se satisfaire d’avoir seulement repoussé l’ennemi. C’est une erreur commise par les chefs inexpérimentés qui ne savent pas comment tirer avantage d’une opportunité et qui aiment à entendre le proverbe : « sois victorieux mais ne pousse pas ta victoire trop loin ». [Note: ce proverbe est cité par Léo (tactical constitutions, 14,25) et par Attaliates comme un proverbe bien connu : Michaelis Attaliotae Historia, ed. I. Bekker (Bonn, 1853), 26,17. Mais son origine reste inconnue]. En ne saisissant pas l’opportunité qui se présente à eux, ces personnes ne créent que davantage de trouble et mettent en péril le résultat final. Il ne doit pas y avoir de repos jusqu’à ce que les ennemis soient complètement anéantis. S’ils trouvent refuge derrière des fortifications, met leur la pression, par la force directement, ou en les empêchant d’obtenir plus de fournitures pour les hommes et les chevaux jusqu’à ce qu’ils soient totalement anéantis ou qu’ils acceptent un traité à notre avantage. On ne doit pas se relâcher après les avoir seulement repoussé sur une courte distance, ni compromettre, après un si dur travail et avoir affronté les dangers de la guerre, le succès de toute la campagne par manque de persévérance. A la guerre comme à la chasse, rater de peu ou de beaucoup c’est toujours rater.

Surtout après la victoire, une attention particulière doit être portée au maintien du bon ordre parmi les soldats. Cependant, quoique nous ayons écrit à propos d’un tel ordre, il ne suffit pas en lui-même à assurer la sécurité et à causer des dégâts à l’ennemi. Après l’aide de Dieu qui est fondamentale, le facteur essentiel est la façon dont le général gère la guerre. Il doit tirer pleinement avantage du temps et des lieux. S’il décide, par exemple, de se lancer dans une bataille rangée, il doit tout d’abord examiner l’ensemble des sites appropriés pour en trouver un qui soit découvert et plat pour ses lanciers. Les patrouilles ne doivent pas seulement être envoyées pour reconnaître les zones à gauche à droite et derrière le front sur une distance de deux ou trois miles pendant toute la durée de la bataille, elles doivent aussi parcourir tout le terrain à l’avant du front au cas où il y aurait des fossés ou tout autre piège tendu par l’ennemi.


13) Reconnaissance.


Le jour de la bataille, les patrouilles mentionnées ci-dessus, doublées pour l’occasion, doivent aller tôt le matin à deux ou trois miles dans toutes les directions depuis le site où le combat est attendu. Elles doivent avoir reçu l’ordre de ne pas seulement observer les mouvements de l’ennemi et de les rapporter, mais aussi de stopper quiconque de nos hommes essaierait de passer à l’ennemi. Là où elles sont, elles peuvent facilement intercepter les déserteurs de notre armée. En outre, dans le cas où des soldats ennemis passent de notre côté avec leurs biens, les patrouilles peuvent leur fournir des sauf-conduits et empêcher qu’ils ne soient attaqués en route par des truands qui peuvent rôder aux alentours.

Les patrouilles qui couvrent la zone devant le corps d’armée principal doivent voir tout ce que l’ennemi entreprend, s’il creuse un fossé en secret ou s’il met en place tout autre sorte de piège et continuer de le faire jusqu’à une distance de flèche de la ligne ennemie. Elles protègent ainsi nos hommes d’un désastre inattendu. Sur un terrain défavorable ou à un moment critique, une patrouille ne doit jamais être envoyée seule, une seconde doit couvrir le même terrain. Dans le cas où l’une est capturée, l’autre qui suit derrière le saura. Si nos lignes sont prêtes et le terrain approprié, nous ne devons pas attendre l’ennemi et lui donner le temps d’adapter sa formation à la notre. La chose la plus sûre à faire alors est de lancer notre attaque immédiatement.


14) Ne pas découvrir notre seconde ligne trop tôt.


Dans le cas où la charge principale devait pour une bonne raison être retardée, la seconde ligne en particulier doit rester cachée, dans les bois s’ils s’en trouvent dans les environs ou en contre bas à l’arrière. Si l’ennemi la voyait trop tôt, il pourrait s’en occuper et la neutraliser au moyen d’embuscades et de stratagèmes.


15) Cacher aux yeux de l’ennemi la surface polie des armes avant la bataille.

Nous avons constaté que les romains et presque tous les autres peuples lorsqu’il observent à distance les lignes de bataille de chacun, repèrent généralement la ligne la plus sombre comme étant vraisemblablement la plus à même de gagner le combat que celle en armure étincelante. Cette opinion commune est clairement fausse, après le jugement de Dieu, la bataille se décide par les qualités de chef du général et le moral des troupes. Quoi qu’il en soit, les experts nous enseignent que si des zones boisées ou des cavernes se trouvent dans les environs, l’armée doit s’y dissimuler pour être invisible à l’ennemi suffisamment longtemps, c'est-à-dire jusqu’à ce qu’il soit à un mile ou deux, pour qu’il ne puisse pas mettre en place de contre-mesures. Si le terrain est découvert et que le ciel est dégagé, les hommes doivent avoir été entraîné non pas à porter leur casque sur la tête mais à le porter à la main jusqu’à ce qu’ils soient très près de l’ennemi. Si leurs boucliers sont petits, ils doivent être transportés sur la poitrine pour couvrir leur côte de maille et leur cape doit être jetée en arrière sur les pièces d’épaule de la côte de maille jusqu’au dernier moment. Les pointes de lance doivent aussi être cachées. De cette façon notre armée ne brillera pas du tout au loin. Finalement en présentant pareille apparence, nos ennemis, qui savent aussi employer cette technique, seront impressionnés et perdrons confiance avant même que la bataille ne s’engage.


16) récapitulation des responsabilités assignées à chaque merarch.

Chaque meros doit se composer de troupes d’assaut à hauteur d’un tiers de ses effectifs, celles-ci sont postées sur les flancs du meros ; les deux tiers au centre sont des défenseurs. Les pennons ne doivent pas être attachés aux lances au moment de la charge mais être ôtés et rangés dans leur boite. Ils peuvent être portés sur les lances jusqu’à ce que l’ennemi soit à une distance d’un mile puis ils doivent être pliés. Les étendards des tagmas doivent être sur le petit côté, ceux des moirarchs doivent être sur le plus long et arborer des motifs différents de sorte que l’étendard du merarch ressorte clairement. Le « Nobiscum » ne doit pas être crié pendant la charge mais seulement pendant l’avancée vers la ligne de bataille. Alors que la charge commence, les troupes, en particulier celles à l’arrière doivent pousser des acclamations et crier ; aucun autre bruit n’est nécessaire. Un grand nombre de trompettes est inutile pendant l’action, celle du merarch suffit. Le merarch doit se poster au milieu du meros central parmi les défenseurs. Les moirarchs doivent être au milieu des meros sur les flancs parmi les bandons de troupes d’assaut. Il relève de la responsabilité des officiers de chaque moiras et tagma de s’assurer que les hommes qui servent sous leur commandement sont près à observer toutes les règles listées ici.

Lorsque les lignes se forment, les hérauts doivent aller reconnaître la zone où la bataille est attendue, c'est-à-dire le terrain qui sépare nos lignes de celles de l’ennemi. Ils doivent chercher les fossés, les zones marécageuses ou tout autre piège de l’ennemi. S’ils en trouvent, nos lignes doivent arrêter leur progression, permettre à l’ennemi d’avancer au-delà de ces zones et le charger sur un terrain praticable. L’étendard du merarch ne doit pas seulement avoir une apparence différente de celle des autres sous son commandement. Lorsque l’armée fait halte, pour être facilement reconnu de tous les autres portes étendards subordonnés, il doit être constamment tenu haut ou bas, incliné sur la droite ou sur la gauche, élevé au dessus des bannières ou tenu droit en l’agitant fréquemment. De cette façon, même dans la confusion du combat, il sera facilement distingué des autres étendards. Tous les étendards des merarchs ne doivent pas être portés de la même manière, chacun doit l’être de façon spécifique, et ceci doit être travaillé à l’entraînement afin que les hommes s’y habituent. Cela ne permet pas seulement d’aider les bandons sous le commandement du merarch à localiser rapidement leur meros, c’est aussi un moyen pour tout retardataire de reconnaître facilement l’étendard du meros dans lequel il sert ou de trouver sa tagma.

Les hommes de la même race que l’ennemi doivent être isolés avant le jour de la bataille et envoyés n’importe où sur un prétexte plausible. Comme nous l’avons noté, le merarch doit posséder par écrit les plans de l’entraînement combiné de toutes les tagmas du meros.


17) De la même façon, récapitulation des responsabilités qui incombent au commandant de chaque tagma, au moirarch et au merarch, de sorte que chacun sache à quoi il faut faire attention.

Que le bandon ou la tagma soit en service avec le reste de l’armée ou qu’il campe seul quelque part, le « Trisagion » doit toujours sonner tôt le matin avant toutes les autres obligations et le soir après souper et que congé ait été donné. Toutes les autres pratiques doivent être observées de la même façon.

Les équipes, la profondeur des files suivant la qualité des unités, doivent être formées d’après le schéma donné plus avant et doivent inclure des hommes âgés et jeunes. Les deux premiers et les deux derniers hommes de chaque file doivent être armés d’une lance, les 3e et 4e rang d’un arc, et le reste avec ce qu’ils savent le mieux manier.

Les pennons ne doivent pas être portés sur les lances pendant la bataille puisqu’ils constituent une gêne pour les troupes qui les portent au combat et celles à l’arrière.

Parmi les soldats les moins qualifiés, 6 ou 8 doivent être détachés au service de santé pour prendre soin des hommes blessés pendant le combat.

Deux hommes compétents, alertes et rapides doivent être sélectionnés comme espions ou éclaireurs et deux comme hérauts.

Deux soldats doivent aussi être sélectionnés comme géomètres avec pour mission d’arpenter les sites pour le camp.

Deux soldats doivent aussi être choisis afin d’intégrer les équipes du cantonnement pour reconnaître les routes.

Les deux files alignées à côté de l’étendard doivent être assignées à la garde de celui-ci pendant le combat.

Un orateur compétent doit être choisi.

Un soldat expérimenté et discipliné doit se voir remettre la charge de garder le train de bagages.

Dans les grandes tagmas, ceux sont deux étendards qui sont affichés avant la bataille, l’un étant celui du commandant de la tagma et l’autre celui de l’hekatontarch le plus âgé, aussi nommé Ilarch. Les jeunes hommes ou les files doivent se répartir entre ces deux étendards de façon égale. Cependant, le jour de la bataille, des deux étendards, seul celui du commandant doit être élevé.

Le jour de la bataille, chaque soldat doit transporter dans son sac de selle une gourde d’eau et une ou deux mesure de biscuits ou de flocons d’avoine.

Avant la fin de la bataille, alors que les combats se poursuivent encore, aucun soldat ne doit être autorisé à piller l’ennemi et cet ordre doit faire l’objet de répétition fréquentes.

La tagma doit être formée suivant les symboles et schémas donnés plus avant.

Pendant la marche, les soldats ne doivent pas se mélanger avec le train de bagages surtout si un contact avec l’ennemi est attendu. Chaque bandon doit marcher par lui-même à l’avant et le train à l’arrière ou à une autre position dictée par la situation.

Les entraînements doivent être effectuées suivant les mouvements expliqués plus tôt. Si un officier ne les connaît pas, les détails des neufs exercices déjà décrits doivent lui être donné par écrit.

Il est essentiel que les chevaux, en plus d’être accoutumés aux manœuvres sur terrain plat et découvert s’habituent à les faire sur terrain accidenté, dense et rocailleux, et à monter et descendre rapidement les versants. S’ils y parviennent, ni les hommes ni les chevaux ne seront surpris ou troublés par aucune sorte de région. Même par temps chaud, il faut faire attention à ne pas trop donner à boire aux chevaux et pour cela il est utile de ne pas camper près des rivières. Pour les manœuvres, les chevaux doivent être amenés dans des régions difficiles et y être entraînés. Autrement, les bandons doivent être alignés en formation régulière sur un terrain rocailleux et chaque homme doit y galoper comme s’il cherchait sa formation devant lui puis revenir sur ces pas par le même chemin. Les hommes qui ménagent trop leur monture et qui négligent les exercices de ce genre préparent leur propre défaite. C’est aussi une bonne chose pour les troupes que de s’habituer à faire ce travail par temps chaud car personne ne sais quelles sont les situations qui pourront se présenter à elles.

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Image Goths mit Huns


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