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 Sujet du message: Le Strategikon Traduction de Geta: Livre X
Nouveau messagePublié: 08 Sep 2008, 08:07 
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Livre X : Sièges


I) Assiéger un fort ennemi si l’occasion se présente.

Notre camp doit être puissamment fortifié et un grand nombre de nos meilleurs éclaireurs doivent être postés tout autour, et surveiller partout y compris dans les lieux les plus improbables afin d’empêcher que les assiégés ou des forces à l’extérieur des murs ne nous attaquent soudainement, le jour ou la nuit, et ne mettent en danger l’armée. C’est ce qui est arrivé en Arzanene lorsque certain de nos commandant furent capturé pendant qu’ils assiégeaient un fort. [note : cette anecdote se réfère probablement au siège romain de 583 du fort d’Aqbas en Arzanene, une région d’Arménie. Theopylact de Simocatta, Histoires, 1,12.]

La première chose que les assiégeants doivent faire, si possible, est d’empêcher que les produits de première nécessité, telles que la nourriture et l’eau, parviennent aux assiégés. Si les assiégés disposent de ces vivres en abondance, alors il est nécessaire de recourir aux machines de sièges et au combat. Essaie d’avoir des soldats qui présentent une bonne apparence physique et dont les chevaux sont joliment équipés, laisse-les s’approcher le plus près possible des fortifications ennemies afin que l’ennemi puisse clairement les voir. Laisse les troupes les moins impressionnantes à distance avec les vivres, suffisamment loin pour que les assiégés ne puissent pas se faire une opinion sur les hommes ou les animaux mais qu’ils pensent qu’ils n’y a que des hommes et de la même qualité que ceux qu’ils ont vu plus tôt devant les murs. C’est aussi une bonne idée de faire croire aux assiégés que nous avons un grand nombre d’hommes armés ; pour y parvenir, fait porter aux hommes qui n’ont pas de cotte de maille les cagoules de maille de ceux qui en ont, de sorte qu’à distance ils aient l’air de porter eux aussi de la maille. Nous devons monter notre camp suffisamment loin pour leur faire croire que tous les objets qu’ils voient à l’intérieur sont de vrais soldats.

Au début tu ne dois pas poser des conditions sévères et cruelles aux assiégés. Si les conditions sont trop sévères, les défenseurs pourraient penser que le risque au combat est le moindre des deux maux et pourraient désespérer et s’unir. Essaye au contraire d’arriver à un accord plus doux et plus acceptable tel que la remise de leurs chevaux, armes ou autres possessions. Une telle approche modérée avec les espoirs de sécurité qu’elle implique peut les conduire à des divergences d’opinion et les faire hésiter à braver le danger et résister. En cas de très long siège, assure toi que des dispositions soient prises à l’avance pour toutes tes fournitures. Evalue le nombre d’homme nécessaire à chacune des obligations et types de travaux et assure-toi d’assigner chaque homme à une tâche.



Il ne faut pas lancer l’armée entière à l’assaut des remparts tous les jours. Ceci mènerait à un épuisement général. Divise plutôt l’armée en plusieurs sections et assigne à chaque troupe un travail de tant d’heures par jours. Certaines doivent travailler de nuit, d’autres de jour. Les assiégés doivent être harcelés non seulement de jour par des attaques constantes, mais aussi être maintenus sur les nerfs toute la nuit par des troupes désignées pour ce travail. Afin que les soldats de notre armée ne soient ni dérangés ni perturbés par les cris des hommes ou le fracas des armes, le camp doit être installé à un mile ou deux des fortifications ennemies, hors de portée du bruit et de la confusion du siège. Les assauts ne doivent pas être portés imprudemment et sans objectif. Les échecs qui en résulteraient ne feraient que décourager nos troupes et encourager les assiégés. Si le fort assiégé est de petite taille et qu’un assaut direct parait coûteux et risqué, et que les assiégés sont bien approvisionnés, alors travaille à un harcèlement continu, jour et nuit jusqu’à ce qu’ils soient épuisés. S’il se trouve à l’intérieur des murs des maisons en matériaux inflammables, un nuage de flèches enflammées doit être tiré dans plusieurs directions, spécialement si un vent fort souffle sur les fortifications. De même, utilise les catapultes pour lancer les fameuses bombes incendiaires. Pendant que l’ennemi est occupé à éteindre les foyers d’incendie, envoie, si le terrain le permet, des échelles et grimpe. Les catapultes sont utiles dans la plupart des sièges, surtout lorsqu’il est difficile de s’approcher en creusant ou d’amonceler de la terre ou de mettre un bélier en position.


II) Se confronter à des incursions hostiles sur notre territoire.

Si un ennemi, de force supérieure ou égale à la notre envahit notre pays, nous devons nous assurer de ne pas l’engager dans une bataille rangée surtout au début de l’invasion. Nous devons plutôt lui tendre des embuscades de jour comme de nuit, barrer la route qu’il empreinte, prendre le contrôle des points stratégiques avant lui et détruire les subsistances le long de sa colonne de marche. Néanmoins, si une attaque devait être lancée, il est plus efficace de le faire lorsque l’ennemi est sur le chemin du retour, qu’il quitte notre territoire, qu’il est épuisé, encombré par le butin et qu’il commence à se rapprocher de son peuple. Si tu veux vraiment l’engager dans une bataille, c’est le bon moment pour attaquer. Car une personne qui opère sur son propre territoire est moins encline à combattre ; elle dispose de plusieurs moyens pour se sauver et n’est pas prête à courir des risques inutiles. Inversement, quelqu’un qui marche à travers le territoire ennemi préférera combattre que de sombrer dans le désespoir et considérera toute retraite hasardeuse.

Le plus important est de conserver l’armée intacte et indemne. En se concentrant sur cet objectif, il ne sera pas facile à l’ennemi d’assiéger les fortifications ou de disperser ses forces pour ravager le pays, car il sera toujours observé et devra compter avec une armée concentrée.

Même si le général décide de ne pas s’engager dans une bataille rangée, il doit toujours s’y préparer. Il doit faire croire qu’il l’a planifié et donner l’impression à l’ensemble de ses troupes que l’attaque de l’ennemi ne fait aucun doute. Cela causera un grand trouble à l’ennemi lorsqu’il en prendra connaissance.

Si la nature du terrain et la situation du pays ennemi sont favorables, prévois l’envoi une force armée par une autre route afin de faire diversion. Bien sûr, comme nous l’avons déjà noté, il est nécessaire d’étudier la situation et les distances de sorte que si l’ennemi apprend l’existence du raid et qu’il décide de marcher à son encontre, ce dernier puisse quitter la région en sécurité par une autre route et éviter ainsi d’être piégé par la manœuvre de l’ennemi.

Tous les approvisionnements essentiels doivent être rassemblés dans de très puissantes forteresses et tous les animaux doivent être évacués de la région. Si l’ennemi devait mettre le siège devant une de nos places fortifiées, nous devrions alors détruire les provisions des environs, tendre une embuscade aux hommes envoyés par l’ennemi pour ramasser des subsistances et mettre ainsi l’ennemi dans une situation très difficile.

Les forts qui ne bénéficient pas d’un site naturellement imprenable doivent être solidement construits. Une partie de l’armée, plus ou moins importante suivant l’évolution du combat, doit être assignée à la défense de ces forts. Des dispositions doivent être prises pour déplacer les habitants des places faibles vers de plus puissamment fortifiées.


III) Résister à un siège que l’on prévoit être long.

Tu dois découvrir combien de temps l’ennemi peut passer de temps à un siège et prêter une attention toute particulière aux provisions dont tu auras besoin. Si tu es bien approvisionné de tout ce qui est nécessaire, c’est bon, mais dans le cas contraire, avant que l’ennemi n’approche, évacue tous ceux qui te seront inutiles tels que les femmes, les personnes âgées, les infirmes, et les enfants de sorte à réserver tes provisions aux hommes aptes au combat. Il faut mettre en place des dispositifs permettant de se défendre contre l’artillerie de jet de pierres. En guise de protection contre ces jets de pierre, de gros mats peuvent être suspendus au-dessus les murs le long des remparts, ou des fagots, des rouleaux de corde ou des rondins en vrac. Un revêtement en brique peut aussi être bâti contre les remparts. Contre les béliers, des coussins ou des sacs remplis avec les enveloppes du grain et du sable sont efficaces. Pour écarter le balancement ou la tête des béliers, utilise des grappins, de la poix, du feu, ou de grosses pierres pointues suspendues par des cordes ou des chaînes que l’on peut faire soudainement tomber grâce à des machines puis que l’on peut hisser de nouveau par d’autres contre poids.

S’ils font s’avancer des tours de siège, lance leur des bombes incendiaires ou des pierres. Si ça ne les arrête pas, construit des tours à l’intérieur des murs juste en face. Il faut absolument que les tours du mur les plus exposées aux attaques n’aient pas de toit afin que les soldats postés à l’intérieur puissent combattre sans obstacles et que l’artillerie puisse y être montée et opérer facilement. Fait tailler de petites portes étroites dans ces tours ouvertes du côté droit des machines de sièges de l’ennemi, ceci afin que notre infanterie puisse les emprunter et attaquer l’ennemi en sécurité sous couvert de leurs boucliers et avec le soutien des troupes sur les murs ; de cette façon, ils pourront forcer l’ennemi à retirer son matériel de siège. Ces petites ouvertures doivent être équipées de barrières pour qu’elles puissent être protégées lorsque c’est nécessaire et qu’elles ne restent pas ouvertes.

La garnison doit être répartie sur toute la longueur des murs et une force appropriée doit être détachée des autres troupes et maintenue en réserve pour soutenir un secteur menacé lorsque c’est nécessaire. De cette façon, en cas d’urgence les troupes qui défendent les murs n’auront pas à se précipiter de places en places en laissant derrière elles certains points grands ouverts, ce qui est une chose très dangereuse à faire. Si la population est restée dans la ville, elle doit se joindre aux hommes répartis le long du mur pour leur prêter main forte. Elle sera dès lors bien trop occupée pour envisager une insurrection et le fait de lui donner la responsabilité d’une partie de la défense de la ville lui fait avoir honte de se rebeller.

La garde des portes de la ville doit être confiée à des hommes de confiance. On ne doit autoriser aucun civil ou soldat à aller à l’extérieur de l’enceinte de la ville pour combattre même si la garnison est très forte et courageuse, spécialement au début du siège. Un contact direct avec l’ennemi peut être autorisé s’il devient nécessaire de forcer les engins de siège qui causent de gros dommages à se retirer des murs. Mais en général la défense doit être menée depuis le sommet des remparts et pas en risquant la vie des hommes à l’extérieur dans un combat au corps à corps. Car lorsque cela se produit, les meilleurs soldats sont tués ou blessés et le reste des troupes perd tellement courage qu’ils sont facilement battus par l’ennemi. Il est évident que tant qu’il y aura suffisamment d’hommes, les murs seront en sûreté, mais si un point du mur est délaissé, tout le reste sera mis en danger. Si les fortifications sont dotées d’un mur extérieur, c’est une bonne idée d’y poster des sentinelles, surtout la nuit lorsque certains peuvent penser à déserter l’armée ou planifient des actes de trahison contre la défense des murs. Les missiles devront être lancés des murs seulement lorsqu’il sont efficaces.

Si la réserve d’eau potable provient de citernes ou du sol, sont utilisation doit être rationnée. Aucun individu ne doit avoir l’autorisation d’en prendre autant qu’il veut. Les sentinelles et leurs relèves doivent être organisées, spécialement la nuit. La distribution des provisions doit être strictement réglée et elles doivent faire l’objet d’une bonne surveillance pour ne pas être dérobées par n’importe qui passant par là.


IV) Construire une forteresse à la frontière par la ruse et sans bataille ouverte.

Une reconnaissance minutieuse doit être mise en place pour trouver un site puissant susceptible d’être fortifié avec des matériaux secs en 10 ou 12 jours et qui puisse être défendu par une petite garnison en cas d’attaque ennemie. Le groupe de reconnaissance doit déterminer s’il y a de la pierre, du bois ou des briques disponibles dans les environs et s’il y a de l’eau ou un moyen permettant de s’en procurer. Une force suffisante d’artisans doit être organisée, les portes et les machines pour les murs doivent être tenues prêtes et une force de soutien de bonne taille, composée de braves, infanterie bien équipée sous le commandement d’officiers intelligents et courageux, doit être choisie pour lui confier des provisions de 3 ou 4 mois. Si c’est l’été, les cultures avoisinantes doivent être brûlées, mais si c’est difficile à faire, détruit les par d’autres moyens. Propage la rumeur selon laquelle tu vas attaquer l’ennemi à un endroit et envoie une force armée dans cette direction afin de faire diversion et que l’ennemi s’y rende ; par sécurité rassemble des provisions en quantité. Puis, le jour J essaye d’encourager les troupes qui composent la garnison ; incite les à faire leur devoir en leur donnant des récompenses et en en promettant d’autres. Tandis que l’ennemi est occupé à cet autre endroit, tout à coup déplace l’armée vers la localisation d’origine, installe des avants postes sûrs, fait établir le camp par l’infanterie autour des fortifications et creuse un fossé profond si le terrain te le permet. S’il y a des pierres ou des briques dans la zone, monte un mur de pierre sèche en le consolidant sur toute sa longueur avec des rondins de bois. Si le bois est le seul matériel de construction disponible, emploi-le mais alors construit une zone fortifiée plus réduite.



Après avoir fortifié la zone de cette manière, si l’ennemi se met en mouvement pour attaquer cet endroit et que le général sait qu’il ne peut lui faire face dans une bataille rangée, il doit se retirer devant l’approche ennemie et s’arranger pour camper à proximité. De cette façon il ne sera ni trop près de l’ennemi au point d’être forcé de combattre contre lui en bataille ouverte, ni trop éloigné des hommes des fortifications pour empêcher que l’ennemi ne leur mette une pression excessive. Des signaux doivent être prévus, certains le jour, d’autres la nuit, ceux-ci doivent permettre à la garnison de faire état de sa situation à nos forces à l’extérieur, de sorte à ce qu’elles puissent venir à son secours lorsque c’est nécessaire. Si les circonstances sont favorables et que l’infanterie est capable de vaincre l’ennemi au combat, elle ne doit pas retarder un instant l’attaque de sorte à ne pas mettre en danger la garnison plus longtemps. Dès que la situation devient plus sûre, les fortifications doivent être rebâties en une construction régulière, solide, renforcée avec du mortier et tous les autres détails de construction. Contre un peuple qui compte en grande partie sur les chevaux, le meilleur moment pour entreprendre une expédition de ce genre est juillet, août ou septembre. Pendant ces mois, l’herbe est sèche et brûle facilement et il est donc difficile à la cavalerie ennemie de rester longtemps au même endroit.

Si le site n’a pas d’approvisionnement en eau, pas de ruisseau ni de puits, alors il est faut nécessairement employer des grandes jarres en poterie ou des tonneaux de bonne facture. Ils doivent être remplis d’eau et quelques gravillons propres provenant d’un lit de rivière doivent être déposés au fond. De l’eau en quantité suffisante doit être stockées pour tenir jusqu’à l’hiver et jusqu’à ce que les citernes régulières soient construites pour récupérer l’eau de pluie. Pour empêcher que l’eau stockée dans les tonneaux ne stagne et devienne fétide, il faut les percer avec des chevilles creuses et placer des récipients en dessous ; de cette façon l’eau circule de l’un à l’autre goûte à goûte et reste en mouvement. Quand les petits récipients sont pleins, ils peuvent être vidés dans les jarres ou tonneaux. Par ce mouvement perpétuel l’eau est aérée et ne devient pas fétide. Il peut être utile de verser du vinaigre dans l’eau qui a commencé à s’altérer car cela réduit rapidement ou débarrasse complètement de l’odeur. De bonnes grosses planches peuvent être préparées, placées dans un fossé et attachées ensemble comme une boite. Les jointures doivent être scellées avec de la poix et de l’étoupe ou de l’osier, et de cette façon on obtient une citerne de taille moyenne. On peut en construire une ou plusieurs, qui mesurent 20 pieds à 10 pieds de large et de 8 ou dix pieds de haut. Celles-ci feront l’affaire jusqu’à ce que des citernes en ciment puissent être construites. Car il est bien connu que l’eau se conserve mieux dans de grand récipients. Les attaches en bois doivent être placées au milieu des citernes, et les planches doivent être épaisses pour éviter qu’elles ne cèdent sous la pression et que l’eau se répande.

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Image Goths mit Huns


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