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 Sujet du message: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 14 Jan 2011, 15:40 
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Il ne me semble pas que l'on est jusque là parlé ici, c'est pourtant un très vieux débat parmis les historiens bretons. La civitas des Osismes recouvrait un vaste territoire à l'époque romaine, qui incluerait aujourd'hui tout le département du Finistère, quelques communes morbihannaises et tout le Trégor et le Goëlo. Le chef-lieu de la civitas était Vorgium, devenue Carhaix. Le site fut très certainement choisi par les Romains pour sa situation centrale, dans une civitas très vaste et probablement déjà éclatée à l'époque gauloise en plusieurs sous-ensembles tribaux. Si l'on a longtemps pensé à l'abandon de cette ville au Bas Empire, les derniers développements semblent indiquer que l'Osismis de la Notitia Dignitatum, où résidait le préfet des Mauri Osismiaci, était bien Carhaix et non pas Brest où existait un important castellum, clé de voûte des défenses du Tractus armoricanus. Carhaix semble avoir conservée une certaine importance à l'époque carolingienne (voir la thèse de Régis Le Gall).

S'interroger sur cette partition de civitas c'est aussi s'interroger sur ses conditions : fut elle orchestrée par les Romains, où une conséquence directe de l'établissement des Bretons. On va retrouver trois grands ensembles par la suite sur ce territoire : le Léon, le Trégor et la Cornouaille. A déterminer, leurs origines à l'époque romaine ou même pré-romaine. Autre domaine, les centres politiques et religieux dans ce territoire : Saint-Pol-de-Léon, Quimper (peut on retenir le nom d'Aquilonia ?) et le Yaudet (Vetus Civitas) notamment.

Il faut bien entendu également réflechir sur les origines des évêchés sur ces territoires. Léon Fleuriot a tenté d'identifier des évêques des Osismes déjà à la fin du Ve siècle. Furent ils une réalité ?

J'essaierai de développer certains points un peu plus tard, en tout cas il y a beaucoup à dire sur ce sujet.

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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 15 Jan 2011, 01:17 
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Bonsoir,

La problématique soulevée par Morcant, pour n'être pas nouvelle, connaît une actualité brûlante, comme je l'ai évoqué dans le CR (en ligne ici) de l'ouvrage L’espace du diocèse. Genèse d’un territoire dans l’Occident médiéval (Ve-XIIIe siècle), dirigé par F. Mazel, paru en 2008.

Je me suis efforcé de montrer dans ce CR souligner comment...
Citer:
... en confrontant la vita ancienne de Samson et la vita de Paul Aurélien, B. Merdrignac et L. Plouchart parviennent à des conclusions renouvelées sur les évêchés dont ces saints sont réputés les fondateurs. Empruntant une partie de ses conclusions au regretté H. Guillotel, les auteurs reconnaissent dans les éléments constitutifs de ce qui deviendra tardivement le diocèse de Dol avec sa myriade d’enclaves, les traits caractéristiques d’un vaste domaine monastique qui s’est « constitué progressivement du VIe au VIIIe siècle. Tout se passe comme si, à la suite de Samson, les abbés de Dol avaient exercé des fonctions épiscopales dans les dépendances de leur monastère, qu’ils se chargeaient d’administrer matériellement et d’administrer spirituellement ».

En revanche, leur lecture de la vita de Paul Aurélien incite les auteurs « à mettre en cause l’hypothèse d’un monastère-évêché » à l’origine du diocèse de Léon :

« Lorsque se sont affirmées deux entités distinctes au nord et au sud de la péninsule, il aurait été nécessaire de démembrer l’ancienne civitas [des Osismes]. L’évêché de Léon résultant de ce démembrement pourrait donc bien avoir été à l’origine un diocèse territorial (même si l’encadrement était confié à un clergé semi-monastique) résultant d’un partage politique entériné par le pouvoir mérovingien. A l’inverse, s’il existait un diocèse territorial chez les Coriosolites dont la cité faisait intégralement partie de la Domnonée, on conçoit que Samson n’ait été en mesure d’exercer son épiscopat que sur les dépendances du monastère de Dol ».

Ainsi donc, l’existence de deux sièges épiscopaux gallo-romains au nord et à l’ouest de la péninsule armoricaine n’apparaît nullement en contradiction avec la constitution du réseau des évêchés bretons : « même si rien ne sera vraiment résolu tant que la situation du diocèse d’Alet par rapport à la civitas des Coriosolites n’aura pas été clarifiée », on peut conjecturer qu’il s’agit du plus ancien d’entre eux, auquel il convient en conséquence de prêter une attention particulière ; son territoire fut progressivement parsemé de colonies monastiques qui formeront à l’époque carolingienne la structure du diocèse de Dol. L’évêché de Léon, on vient de le voir, est sans doute issu d’un démembrement de la civitas des Osismes, dont le territoire résiduel a pour sa part donné naissance à l’évêché de Cornouaille. Enfin, les territoires diocésains de Tréguier et Saint-Brieuc ont été prélevés sur ceux de Léon et d’Alet, peut-être aussi tardivement que les premières décennies du XIe siècle : ce sont ces dernières modifications qui ont pu, à l’évidence, susciter des conflits relatifs aux limites diocésaines, dont témoignent les sanctuaires de confins, et aussi donner naissance à une nouvelle série d’enclaves doloises.


J'ajoute pour faire bonne mesure que les premières conclusions de mes recherches en cours sur l'activité métropolitaine de Perpetuus de Tours, là encore au travers d'une confrontation des textes (en particulier textes liturgiques et canons conciliaires), m'encourage à formuler l'hypothèse de l'existence de sièges épiscopaux à Corseul et à Carhaix à la fin du Ve siècle, à l'instar de ceux de Rennes, Nantes et Vannes. Cette hypothèse est confortée, en ce qui concerne Carhaix, par les récentes découvertes archéologiques qui nous montrent que, loin d'avoir été abandonnée au IIIe siècle, c'est tout au contraire pour le chef-lieu des Osismes l'époque d'un véritable revival, qui paraît bien se prolonger durablement jusqu'au haut Moyen Âge comme l'a finement suggéré R. Le Gall-Tanguy.

Voilà, le débat est ouvert...

Cordialement.

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André-Yves Bourgès
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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 16 Jan 2011, 21:18 
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Des réflexions en tout cas très intéressantes :-)

Certains de mes interrogations portent sur les centres périphériques et sur les noms des résultantes de cette partition - peut on d'ailleurs employer ces derniers les termes de pagi majores à l'opposé des pagi minores connus par ailleurs comme le Pagus Achmensis, lui même composante du Léon ?

Sans vouloir sortir du sujet, on a également beaucoup écrit sur les rapprochements entre noms des principautés insulaires, entre les deux Cornouailles d'ailleurs attestées seulement me semble t'il à partir du IXe siècle, entre les Domnonées, sans oublier la correspondance du pagus de Trigg en Cornwall avec notre Trégor.

Pour ce qui est des Cornouailles, je m'interroge sur l'origine de leurs noms. Plutôt que d'y voir à tout prix un terme ethnique, ne peut on pas y voir une réalité géographique, celles de deux "cornes" ? J. Quaghebeur dans son ouvrage sur la Cornouaille propose pour le terme Cornugallia une possible origine romaine, avec Cornubia/Kerneo comme correspondant brittonique.

Dans la suite, on peut s'interroger sur les origines de l'évêché de Cornouaille. Les fouilles de Quimper n'ont pas révélées de traces d'occupation entre les IVe et VIIIe siècles. Ce n'est certes pas une preuve absolue : étant donné le manque fréquent de matériel archéologique diagnostique pour le Très Haut Moyen Age, cette période peut parfois passer inaperçue dans les fouilles. Autre donnée à préciser, l'origine du nom Aquilonia : est ce un faux d'époque médiévale (à relier avec l'appropriation du terme ethnique Corisopitensis ?) ou le véritable nom latin de Quimper ?

Plus au nord j'aimerai encore une fois insister sur l'importance du Coz-Yaudet, à ma connaissance seul habitat d'élite pour l'instant attesté par l'archéologie aux V-VIe siècles, avec une occupation semble t'il continue entre la fin du IVe et le Xe siècle. Nous avons déjà eu l'occasion de parler des origines du nom de Vetus Civitas. A noter l'emploi fait par Bède du terme de civitas pour désigner la forteresse royale bernicienne de Bamburgh. L'appellation du Yaudet est elle due à son passé de forteresse romaine ?

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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 17 Jan 2011, 18:33 
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Morcant a écrit:
Des réflexions en tout cas très intéressantes :-)

Merci ! ;)

Citer:
Certains de mes interrogations portent sur les centres périphériques et sur les noms des résultantes de cette partition - peut on d'ailleurs employer ces derniers les termes de pagi majores à l'opposé des pagi minores connus par ailleurs comme le Pagus Achmensis, lui même composante du Léon ?

Même si on ne voit pas dans les sources les différents pagi bretons distingués entre pagi majores et pagi minores, je pense que l'on peut sans problème opérer cette distinction, comme il se voit notamment en ce qui concerne les "petits" pagi constitutifs du plus "grand" pagus Leonensis : c'était en tout cas l'opinion du regretté H. Guillotel à propos du pagus castelli longtemps discuté entre l'évêché de Léon et celui de Tréguier.

Citer:
Sans vouloir sortir du sujet, on a également beaucoup écrit sur les rapprochements entre noms des principautés insulaires, entre les deux Cornouailles d'ailleurs attestées seulement me semble t'il à partir du IXe siècle, entre les Domnonées, sans oublier la correspondance du pagus de Trigg en Cornwall avec notre Trégor.

Pour ce qui est des Cornouailles, je m'interroge sur l'origine de leurs noms. Plutôt que d'y voir à tout prix un terme ethnique, ne peut on pas y voir une réalité géographique, celles de deux "cornes" ? J. Quaghebeur dans son ouvrage sur la Cornouaille propose pour le terme Cornugallia une possible origine romaine, avec Cornubia/Kerneo comme correspondant brittonique.

Ces rapprochements sont au coeur d'une discussion renouvelée, largement initiée par M. Coumert, à laquelle B. Merdrignac vient d'apporter trois réponses distinctes, que j'ai eu le bonheur de lire en primeur et qui devraient paraître incessamment dans les Mélanges C. Laurent, les Mélanges M. Sot et les Mélanges X. Barral. Affaire à suivre :!:

Au IXe siècle les clercs continentaux, en particulier les Bretons, se servent plutôt du nom Cornubia pour désigner la Cornouaille armoricaine, tandis que Cornugallia (pour *Cornu galliae) s’applique à l'ensemble de la péninsule, comme il se verra encore au XIe siècle sous la plume de Raoul Glaber ; puis, à partir de cette époque, le mot Cornubia a semble-t-il connu une relative défaveur et on voit que la Cornouaille armoricaine est le plus souvent désignée Cornugallia. Cependant, l’auteur de la *vita IIa de saint Melar (qui travaillait sans doute au début du XIIIe siècle) fait concomitamment usage des deux termes Cornugallia et Cornubia : le premier pour désigner la péninsule (post desolationem Frixonum et Corsoldi ducis nostram audiens desertam Cornugalliam [= il s’agit des ravages causés par les Frisons et le duc (de) Corseul)], le second pour désigner la Cornouaille armoricaine au sens strict (ex uno Cornubiae montium [= il s’agit du mont Frugy à Quimper) ; on trouve également dans cette vita le mot Britannia à propos des nobles du pays (Britanniae optimatibus). En revanche, dans l’état actuel du texte, n’apparait pas la Domnonée (Domnonia), qui figure pourtant à plusieurs reprises dans la vita Ia du saint.

Citer:
Dans la suite, on peut s'interroger sur les origines de l'évêché de Cornouaille. Les fouilles de Quimper n'ont pas révélées de traces d'occupation entre les IVe et VIIIe siècles. Ce n'est certes pas une preuve absolue : étant donné le manque fréquent de matériel archéologique diagnostique pour le Très Haut Moyen Age, cette période peut parfois passer inaperçue dans les fouilles. Autre donnée à préciser, l'origine du nom Aquilonia : est ce un faux d'époque médiévale (à relier avec l'appropriation du terme ethnique Corisopitensis ?) ou le véritable nom latin de Quimper ?

Quimper et Saint-Pol-de-Léon sont effectivement des 'déserts' archéologiques avant l'époque carolingienne ; ce qui conduit très légitimement à penser qu'ils n'ont véritablement 'émergé' qu'à la suite de leur érection en sièges épiscopaux.
La forme in Aquilonia civitate apparaît pour la première fois dans la seconde moitié du XIe siècle et paraît être attachée à Locmaria ; malgré la longue étude que lui a consacrée le regretté Gw. Le Duc, il n'est pas possible de conclure formellement à son sujet. En revanche la question paraît tranchée pour Corisopitensis, inconnu à Quimper avant le XIe siècle et qui découle du jeu de "chaises musicales" auquel se sont livrés les prélats bretons à cette époque (voir ici).

Citer:
Plus au nord j'aimerai encore une fois insister sur l'importance du Coz-Yaudet, à ma connaissance seul habitat d'élite pour l'instant attesté par l'archéologie aux V-VIe siècles, avec une occupation semble t'il continue entre la fin du IVe et le Xe siècle. Nous avons déjà eu l'occasion de parler des origines du nom de Vetus Civitas. A noter l'emploi fait par Bède du terme de civitas pour désigner la forteresse royale bernicienne de Bamburgh. L'appellation du Yaudet est elle due à son passé de forteresse romaine ?

Entièrement d'accord avec vous sur l'importance du Yaudet : comme je l'ai déjà indiqué, je crois que le lieu a pu servir de refuge à l'évêque de Léon déposé par Nominoë ; d'où le terme de civitas ; mais le rôle civil et militaire joué par cette forteresse est sans doute plus important encore, vous avez raison... o'

Bien cordialement.

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André-Yves Bourgès
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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 27 Jan 2011, 13:01 
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Bonjour à vous deux,

Me voila de retour!

Je me permets deux remarques :

1. Je suis entièrement d'accord sur la nécessité de la distinction pagus major/pagus minor car elle rend parfaitement compte de l'architecture complexe des espaces de pouvoir au haut Moyen Age. Les textes attestent l'existence de véritables "emboitements" de pagi. Ajouter, petit difficuté supplémentaire (que j'ai déjà eu l'occasion de signaler) que certains pagi minores ont donné leur nom à des pagi majores (le pagus leonensis, le Poher, le Poutrocoet).


2. Je pense que l'expression de "désert archéologique" convient surtout pour Quimper où les fouilles n'ont permis de découvrir aucune trace d'occupation notable entre le IIIe et le IXe siècle.

La constatation m'amène a envisager deux hypothèses:

-La localisation du chef-lieu épiscopal primitif dans un secteur non exploré de l'agglomération quimpéroise. JP. Le Bihan pense à Parc ar Groas voir ici : http://www.mairie-quimper.fr/1171491649 ... &RH=SQCUAQ. Le centre religieux ne pouvait en tout cas se situer au niveau de l'église de Locmaria. Le sanctuaire a certes été précédé par une première construction mais cette dernière n'est pas antérieure à la période carolingienne.

- La localisation du chef-lieu dans une autre localité, en l'occurence Carhaix, puisque plusieurs indices laissent penser que le lieu demeura occupé au haut Moyen Age. C'est là une hypothèse que je développe dans ma thèse et sans doute un prochain article dont je n'ai réalisé qu'un premier jet.


D'un point de vue archéologique Saint-Pol est un désert lui aussi certes mais uniquement parce que son sol n'a jamais vraiment été exploré.

Amicalement


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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 27 Jan 2011, 15:44 
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Régis Le Gall Tanguy a écrit:

Me voila de retour!

Heureux de vous lire à nouveau !

Citer:
Je me permets deux remarques :

1. Je suis entièrement d'accord sur la nécessité de la distinction pagus major/pagus minor car elle rend parfaitement compte de l'architecture complexe des espaces de pouvoir au haut Moyen Age. Les textes attestent l'existence de véritables "emboitements" de pagi. Ajouter, petit difficuté supplémentaire (que j'ai déjà eu l'occasion de signaler) que certains pagi minores ont donné leur nom à des pagi majores (le pagus leonensis, le Poher, le Poutrocoet).

Je n'ai pas encore d'opinion définitive en ce qui concerne le nom du pagus Leonensis : désignait-il à l'origine un pagus minor avant de se dilater pour s'appliquer à un pagus major ou bien au contraire désignait-il un pagus major avant de se rétracter pour s'appliquer à un pagus minor ? Je penche cependant pour la première hypothèse : cette extension du nom Leonensis aux différents pagi minores constitutifs de l'évêché de Léon pourrait ainsi être la conséquence de l'implantation d'un nouveau chef-lieu épiscopal à Saint-Pol-de-Léon, à l'époque carolingienne.

Citer:
2. Je pense que l'expression de "désert archéologique" convient surtout pour Quimper où les fouilles n'ont permis de découvrir aucune trace d'occupation notable entre le IIIe et le IXe siècle.

La constatation m'amène a envisager deux hypothèses:

-La localisation du chef-lieu épiscopal primitif dans un secteur non exploré de l'agglomération quimpéroise. JP. Le Bihan pense à Parc ar Groas voir ici : http://www.mairie-quimper.fr/1171491649 ... &RH=SQCUAQ. Le centre religieux ne pouvait en tout cas se situer au niveau de l'église de Locmaria. Le sanctuaire a certes été précédé par une première construction mais cette dernière n'est pas antérieure à la période carolingienne.

- La localisation du chef-lieu dans une autre localité, en l'occurence Carhaix, puisque plusieurs indices laissent penser que le lieu demeura occupé au haut Moyen Age. C'est là une hypothèse que je développe dans ma thèse et sans doute un prochain article dont je n'ai réalisé qu'un premier jet.

Comme je l'ai indiqué dans un précédent message, c'est cette seconde hypothèse que je privilégie de mon côté, en m'appuyant essentiellement sur les "marqueurs" armoricains de l'activité métropolitaine de Perpetuus de Tours.

Citer:
D'un point de vue archéologique Saint-Pol est un désert lui aussi certes mais uniquement parce que son sol n'a jamais vraiment été exploré.

Mais je ne suis pas sûr qu'il faille beaucoup en attendre (voir ici).

Bien cordialement.

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André-Yves Bourgès
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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 27 Jan 2011, 18:38 
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Content de vous revoir ici Régis !

Je me permets d'attaquer la question sous un autre angle, celle du pouvoir laïc. A quelle région peut on véritablement relier les souverains bretons contemporains de Grégoire de Tours, comme Budic ? Faut il nécessairement les relier à la future Cornubia/Poher, ou peut on émettre l'hypothèse que leur pouvoir se soit étendu à toute l'ancienne civitas des Osismes ? Ce qui bien évidemment décalerait notre partition à une période ultérieure. A moins que le gouvernement de la civitas ne soit finalement resté plus longtemps aux mains des Osismes eux-mêmes.
Question de fond : la passation de pouvoir entre les Gaulois osismes et les Bretons s'est elle faîte sur un mode de continuité, ou dans un contexte de rupture avec les cadres mis en place par Rome ?
Avec Carhaix qui semble conserver au moins une partie de son importance, avec Quimper et Saint-Pol pour lesquels on n'a guère de sources avant l'époque carolingienne, on n'a plus guère que le Yaudet à pouvoir s'imposer comme centre de pouvoir "périphérique" à la jonction antiquité tardive/Haut Moyen Age. Le cas de Brest étant également difficile, et là aussi on ne peut rien espérer des fouilles.
Bien sur peut être que d'autres vestiges attendrent d'être découverts. Ces dernières années ont amenés des découvertes importantes en Bretagne pour la fin IVe/début Ve (essentiellement des nécropoles rurales) et pour l'époque carolingienne. Les V-VIe siècles attendent leur tour o'

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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 28 Jan 2011, 14:03 
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Bonjour,

Je me demande de mon côté si la problématique du Yaudet dans son rapport avec Carhaix ne devrait pas être rapprochée, toutes proportions gardées, de celle d'Alet/Corseul.

L'importance ancienne d'Alet est notoire : le matériel archéologique trouvé sur place (mosaïques, amphores, monnaies, ...) atteste que nous n'avons pas seulement affaire à un site de retranchement mais aussi à un véritable lieu d'échanges ; mais c'est précisément cette importance ancienne d'Alet qui vient relativiser celle qui lui est généralement attribuée pour ce qui concerne la période du bas Empire et qui permet de supposer qu'en dehors des aspects militaires, Alet n'avait pas supplanté Corseul comme chef-lieu de civitas à cette époque.

En outre, il faut sans doute envisager, comme à Quimper et Saint-Pol-de-Léon, que l'érection du siège épiscopal d'Alet, quand bien même il s'agit probablement du premier en date des évêchés proprement bretons, découle de la (ré)organisation diocésaine initiée et encadrée par le pouvoir carolingien.

Bien cordialement.

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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 04 Fév 2011, 13:06 
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Désolé pour mes réactions tardives !

Je ne crois pas que l'on peut avancer l'idée que la civitas des Osismes ait conservé son unité au début du Moyen Age.
Grégoire de Tours atteste l'existence d'au moins trois regna en Britannia vers le milieu du VIe siècle (celui de Conomor, celui de la famille Macliau/Chanao/Warock, et celui de la maison Budic/Theodoric). Puisque le Vannetais fut conquis par Warock un peu plus tardivement, il paraît logique de penser que ces royaumes se partageaient le territoire des cites osismes et coriosolites.

Pour le pagus Leonensis, je pense que le passage de la vita Pauli Aureliani situant Plouénan aux confins du pays de Léon prouve que cet espace de pouvoir est un pagus minor à la période carolingienne. Correspondait-il aussi à un pagus major à cette époque? J'avoue qu'on ne peut le démontrer.

Le Léon me paraît en tout cas clairement un pagus major au Moyen Age central puisque un acte de 1040 du cartulaire de Saint-Georges de Rennes localise la paroisse trégoroise de Plougasnou, qui se tient pourtant au delà des limites que l'on attribue au pagus minor, dans le pays de Léon.

Je note par contre qu'Omnes,dans la seconde moitié du XIe, est le premier prélat de Saint-Pol a être présenté comme episcopus Leonensis. On pourrait en déduire que cette titulature est récente (j'y ai parfois songé en tout cas) mais les mentions des desservants du diocèse léonard n'étant pas légion il est difficile de tirer des conclusions (nous avons un Mabbo Pauliniani Britanniae episcopus en 954)

En ce qui concerne les liens Alet/Corseul et Yaudet/Carhaix il me semble logique. L. Schneider a montré, pour la Narbonnaise I, que l'Antiquité tardive vit l'émergence de nouvelles places-fortes autour du capus civitatis pour défendre le territoire de la cité.


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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 04 Fév 2011, 17:06 
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Inscrit le: 04 Sep 2008, 11:55
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Citer:
Je ne crois pas que l'on peut avancer l'idée que la civitas des Osismes ait conservé son unité au début du Moyen Age.
Grégoire de Tours atteste l'existence d'au moins trois regna en Britannia vers le milieu du VIe siècle (celui de Conomor, celui de la famille Macliau/Chanao/Warock, et celui de la maison Budic/Theodoric). Puisque le Vannetais fut conquis par Warock un peu plus tardivement, il paraît logique de penser que ces royaumes se partageaient le territoire des cites osismes et coriosolites.


Oui, mais dans quelles circonstances l'éclatement eu t'il lieu ? Même si j'ai peur qu'on soit un peu limité par les sources, dans quels mesures ces regna s'inscrivent ils dans une certaine continuité avec la civitas (ou ses subdivisions), il y a t'il primauté d'un lignage sur un autre ? Childebert leur a t'il confirmé des territoires qu'ils occupaient déjà de fait depuis longtemps, ou est ce lui qui les a placé plus ou moins directement dans ces charges ? Par exemple en les faisant venir d'outre-Manche... Côté curiosolite, on pourrait rajouter le regnum de Riwall/Iona/Iudual même si connu seulement par les vitae.

Quant au Vannetais (et là on dévie), est ce tout l'ancien territoire de la civitas ou seulement Venetis/Vannes qui passe au pouvoir de Waroch ? Si on penche pour une implantation précoce des Bretons chez les Vénètes, avec une dynastie à leur tête, on aurait là le meilleur cas d'école pour la transition entre le pouvoir "gallo-romain" subordonné aux Mérovingiens et le pouvoir breton. En même temps ce n'est pas certain connaissant le destin ce cette région à l'époque carolingienne, complétement inclue dans la marche de Bretagne.

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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 05 Fév 2011, 02:35 
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Petites réponses rapides (je n'utilise pas mes notes vous me pardonnerez mes éventuelles inexactitudes)

Pour les circonstances exactes de l'éclatement, il est bien délicat de répondre deux théories s'affrontent:

-La première est une thèse que l’on pourrait qualifier de « romaine ». Elle considère ces subdivisions comme un héritage d’une réorganisation administrative du bas Empire.

-la seconde, que l’on pourrait dire « bretonne », fait du démantèlement de la cité une conséquence de l’émigration des populations d’outre-Manche vers la péninsule

J'ai tendance à préférer la seconde puisque le nom des territoires issus de ce démantelement sont d'origine bretonne : la Domnomée et la Cornouaille.
Bien évidemment la preuve irréfutable manque d'autant que les noms Domnomée et Cornouaille n'apparaissent dans la documentation qu'aux VIIIe-IXe siècles.

La famille Iona/Judual règne sur le même territoire que Conomore puisque suivant l'auteur de la première vie de Samson ce dernier usurpa le pouvoir en Domnomée après avoir fait assassiné Iona. Je rappellerais toutefois ( que l'on me reprenne si je commets une erreur) l'hypothèse d'A.Y. Bourgès qui suppose que Conomore dominait au départ le Léon. La région n'aurait été englobée dans la Domnomée après la victoire de Judual.

En ce qui concerne l'éventuelle présence des Bretons dans le Vannetais avant Waroc'h, on peut évoquer l'hypothèse de L. Fleuriot qui supposait l'existence d'un grand regnum de Cornouaille englobant Cornouaille actuelle et Bro-Erec. Un regnum que se seraient partagés les famille Budic/Theodoric et Macliau/Waroc'h.


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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 05 Fév 2011, 13:28 
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Chers amis,

Merci de vos intéressantes contributions à ce débat très instructif.

1/ Une mise au point tout d'abord :

Régis Le Gall-Tanguy a écrit:
Je rappellerais toutefois ( que l'on me reprenne si je commets une erreur) l'hypothèse d'A.Y. Bourgès qui suppose que Conomore dominait au départ le Léon. La région n'aurait été englobée dans la Domnomée après la victoire de Judual.

Il me semble avoir écrit que, d'après la tradition hagiographique, Commor exerçait son pouvoir dans le nord de la péninsule armoricaine [= "dans les parties supérieures de cette région"(*)] - au titre d'une usurpation, dit le plus ancien biographe de saint Samson - et plus particulièrement dans le nord-ouest (cf. la vita de saint Mélar et celle de saint Goëznou, à Lanmeur et à Gouesnou) et que ces données de la littérature hagiographique ne sont pas en contradiction avec l'interprétation qui peut être faite du récit de Grégoire de Tours. Pour le reste, la présentation du conflit entre Commor et Judual, empruntée à la première vita de saint Samson par A. de la Borderie, et les conclusions que ce dernier en a tirées pour la géographie du nord de la péninsule armoricaine, me paraissent largement obsolètes et j'y souscris d'autant moins que le rôle important joué par Commor fait l'objet depuis plusieurs années d'une réévaluation constante, comme on le verra bientôt dans trois textes à paraître sous la plume de B. Merdrignac.

2/ Sur les autres aspects de vos échanges:

Je pense comme Benjamin qu'à l'instar de ce qui s'observe dans les regna mérovingiens, il n'y avait pas à cette époque dans les territoires de la péninsule armoricaine contrôlés par les Bretons de (cor)rélation entre le territoire "politique" de tel ou tel regnum et celui des anciennes civitates : ainsi, la partition entre "les parties supérieures de la région" (*) et (donc) "ses parties inférieures" vient couper entre nord et sud le territoire de la civitas des Osismes. A l'inverse, la partie sud de ce dernier territoire et, à l'est, celui de la civitas des Vénètes sont manifestement placés sous le contrôle de la même dynastie, avant la scission opérée par Waroch qui donne naissance au Broérec, prélevé pour l'essentiel sur le territoire de la civitas des Vénètes. Je crois qu'une lecture attentive du texte de Grégoire permet de comprendre que cette scission est distincte des tribulations ultérieures du chef-lieu de la civitas: j'ai comparé à plusieurs reprises le statut de Vannes à celui de l'ex-Berlin-ouest, citadelle enclavée et "assiégée", reliée au monde occidental par un pont aérien (cf. le port de Vannes).

3/ Les places fortes satellites du caput civitatis :

Citer:
En ce qui concerne les liens Alet/Corseul et Yaudet/Carhaix il me semble logique. L. Schneider a montré, pour la Narbonnaise I, que l'Antiquité tardive vit l'émergence de nouvelles places-fortes autour du capus civitatis pour défendre le territoire de la cité.

Merci de cette confirmation, Régis.

(*) L'hagiographe de saint Gildas indique que Commor était établi in superioribus partibus illius regionis.

Bien cordialement.

_________________
André-Yves Bourgès
www.hagio-historiographie-medievale.org


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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 02 Mar 2011, 23:55 
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Inscrit le: 03 Mar 2010, 00:53
Messages: 34
Chers amis,

Nous sommes tous trois d’accord sur l’idée qu’il n’y a pas de corrélation regna/civitas.

Je reviendrais par contre rapidement sur l’hypothèse, autrefois émise par L. Fleuriot, de l’existence au Vie siècle d’une grande Cornouaille partagée entre la famille de Budic/Théodoric qui dirigerait la Cornouaille actuelle et celle de Chanao/Macliau/Waroc’h qui aurait autorité sur le Vannetais. Je nourris toujours des doutes à son sujet. J’avoue même avoir eu jusque là tendance à rattacher ces deux maisons à la seule Cornouaille (l’actuelle)

Trois constatations m’ont amené à me questionner :

1°) Grégoire de Tours révèle que Macliau, le père de Waroc’h, devint évêque de Vannes ce qui démontre que son frère Chanao, qu’il fuyait, n’avait pas autorité sur la caput civitatis. J’en ai donc déduit que le regnum de Chanao se situait à l’ouest de Vannes.

2°) La lecture de la première vie de Mélar qui montre que le souvenir de Macliau (dont le nom est déformé dans la vita en Méliau) était toujours attaché à la Cornouaille (notre Cornouaille actuelle) à la fin du XIe siècle.

3°) Un second passage des libri qui rapporte que Waroc’h reçut en 578 la civitas des Vénètes :
« « Les habitants de Tours, de Poitiers, de Bayeux, du Mans et d’Angers marchèrent avec beaucoup d’autres en Bretagne, par ordre du roi Chilpéric pour attaquer Waroc’h fils de Macliau et s’arrêtèrent aux bords de la rivière de la Vilaine. Mais lui tombant par ruse pendant la nuit sur les Saxon de Bayeux, en tua la plus grande partie. Puis le troisième jour, il fit la paix avec les généraux du roi Chilpéric, et donnant son fil en otage, s’obligea par serment à demeurer fidèle au roi. Il rendit aussi la civitas de Vannes à condition que le roi lui en accorderait le gouvernement, promettant qu’il paierait tous les ans, sans qu’on fut obligé de les lui demander, les tributs que devait cette civitas » .

De l'analyse de récit, j’ai conclu que la conquête de l’ancienne civitas des Vénètes par les Bretons devait davantage être mise en relation avec l’action de Waroc’h, un chef qui laissa d’ailleurs son nom à la région .

A la lecture d’un récent article paru dans le BSAF (dont j’avais eu la chance de lire la première partie il y a quelques mois) je reconnais cependant qu’il est possible de comprendre autrement le passage concernant la cession de la cité des Vénètes à Waroc’h. Le terme civitas utilisé par Grégoire désigne peut être seulement la capitale.

Pour revenir au Yaudet, son cas me semble apporter une illustration du renouveau de l’habitat fortifié au haut Moyen Age. Comme je l’ai déjà indiqué, on trouve nombre d’autres preuves de la réalité de ce phénomène dans toute l’Europe occidentale (depuis les bords de la Méditerranée jusqu’à la Grande Bretagne).

L. Schneider a bien étudié la question pour le sud de la France. Sans pouvoir établir une typologie précise il est évident que tous ces sites n’avaient pas la même importance : beaucoup d’entre eux devaient être de simples résidences aristocratiques mais il existait aussi des véritables agglomérations.

Pour notre région, si l’on s’en tient au seul problème, des sites majeurs, il faut peut être ajouter au cas du Yaudet :

- celui de Saint-Pol nous avons déjà débattu sur ce site mais son nom originel ne laisse aucun doute sur le fait qu’il était fortifié (oppidum sancti Pauli)
- celui du castellum de Brest que l’on imagine mal avoir été déserté après le bas Empire
-celui de Châteaulin dont la documentation disponible démontre l’importance dès la fin du Xe siècle.

Je pense que l’on peut s’interroger aussi sur les sites de Lesneven voire de Concarneau mais les indices sont bien plus ténus.
Le recours à l’inventaire de P. Guigon permet d’établir une liste plus complète des sites fortifiés potentiels de la période haut-médiévale.

Je m’excuse pour terminer d’avoir trahi la pensée de M. Bourgès sur Conomor.


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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 03 Mar 2011, 00:03 
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Inscrit le: 03 Mar 2010, 00:53
Messages: 34
Puisque je parle de L. Schneider voir notament la première partie de cet article:

http://archeologiamedievale.unisi.it/do ... ider02.pdf

Voir également ici:

http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs ... er2010.pdf


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 Sujet du message: Re: La partition de la civitas des Osismes
Nouveau messagePublié: 04 Mar 2011, 01:21 
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Inscrit le: 04 Sep 2008, 11:55
Messages: 4297
Localisation: Brest - pagus Legionensis - Civitas Ossismi - Letavia
Merci Régis pour ces différentes pistes.

On passe de la civitas des Osismes à celle des Vénètes, en essayant de déterminer à laquelle appartient la dynastie de Canao/Waroch.
Une autre réflexion pourrait porter sur l'antiquité du peuplement breton chez les Vénètes. Il y a bien sur l'argument linguistique et toponymique. Fleuriot il me semble présentait les civitates osismes et vénètes comme les premières acquises aux Bretons dans leur totalité, renforcé par celle des Curiosolites après le "traité" avec Clovis vers 500.
Si l'antiquité du peuplement breton chez les Osismes ne fait pas beaucoup de doute (la récente fouille d'une nécropole du IVe siècle à Châteauneuf-du-Faou présentait des similitudes avec des nécropoles du Pays de Galles militerait dans ce sens) leur implantation chez les Vénètes et les Curiosolites est plus difficilement cernable.

En territoire vénète on en en tout cas la preuve de la présence d'établissements germaniques ou germanisés au IVe et jusqu'à la fin du Ve siècle. Voir les fouilles de la nécropole de l'Hérupée en Guer, ou plus récemment celles de Saint-Marcel avec de nombreux traits d'une culture matérielle saxonne (verres, objets métalliques de style "Quoit Brooch"). Certes la présence de Germains n'argumente pas nécessairement en faveur d'une absence totale de populations bretonnes, souvent difficiles à identifier.
Peut être que le peuplement breton dans une partie de la péninsule resta plus épart et peu organisé comme ailleurs dans le nord de la Gaule. Là bas les Bretons devinrent sujets directs du royaume franc au VIe siècle. Chez les Vénètes peut être ces communautés trouvèrent elles leurs chefs chez Canao et Waroch issus de Cornouaille (?), facilitant une expansion vers l'est et la prise de Vannes.

_________________
"O niurt Ambrois ri Frangc ocus Brethan Letha."
"Par la force d'Ambrosius roi des Francs et des Bretons d'Armorique."
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