Les épées germanique

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Par Pierre-André KANAPE


Les épées germaniques ont marquées les mythes et les légendes,
comme « La Saga de Sigurd », ou l’on retrouve le forgeron Regin forgé l’épée de Sigurd
pour préparer sa vengeance, où lorsque l’on joue avec les rayons du soleil,
on peut apercevoir le sang circuler dans l’épée, et ne faisant qu’un avec son propriétaire.
Nous retrouvons aussi d’autre épées de légendes comme l’épée Durandal, Joyeuse.
Certains auteurs arabes citent ces épées, par exemple Iben Falad, lors d’un voyage chez les rus.
(Cela peut rappeler le treizième guerrier, histoire inspirée d un texte historique)
Il cite « Les rus sont équipés d une petite hache qu’ils ne quittent quasiment jamais,
et d une épée, avec des flammes parcourrant le long de la lame tel que les épées franques. »
Ces flammes sont bien sure le secret de fabrication de ces épées.



L’OIRGINE DE L’ACIER CORROYE OU DAMAS
Pour commencer, je tiens faire la différence entre acier corroyé et acier damas.
L’acier damas est un acier oriental principalement forgé au moyen orient,
dont la ville de Damas étaient sont pôle commercial, d’où le nom de l’acier.
La particularité de l’acier damas sont ses motifs, qui sont dues a une non homogénéisation de l’acier,
c’est a dire que l’on aura des zones plus ou moins carburées dans l’acier,
et après une révélation a l’acide, les parties carburées noircisse, et les parties moins carburées restent blanches.

Ci dessous lame de couteau damas par corroyage réalisé par l’auteur.


La technique utilisée par les moyen orientaux pour réalise ce type de motifs,
consiste a fondre du fer dans un creuset, et d’y rajouter du charbon de bois pilé pour le carbone,
et par un long procédé de chauffe, le carbone va se diffusé dans le fer d’une manière non homogène,
mais je ne rentrerais pas dans les détails physiques et chimiques.
La technique de l’acier corroyé est tout autre. Le forgeron prépare
une trousse de fer et d acier empilés les un sur les autre par alternance.

Voire image ci dessous.
On peut distinguer le fer en foncé, et l’acier en claire.


Puis le forgeron va souder cette trousse au feu de forge, et va obtenir un bloc
qu il étirera pour ensuite replier cette barre sur elle même.
Il répétera ces opérations jusqu a ce qu il obtienne le nombre de couches désirées
afin d obtenir des motifs similaires a celui de la technique du damas.
De nos jours les couteliers utilisent énormément cette technique par corroyage,
qu ils appellent également damas, car cette technique a été redécouverte depuis peu.


Depuis que les forgerons ont découvert la nuance qu il y avait entre l’acier et le fer,
les armes furent d’autant plus perfectionnées.
Prenons l image des celtes qui utilisèrent la technique de l acier corroyé pour leurs épées.
Les forgerons prenaient un lingot d’acier corroyé ,et y soude des tranchants en acier pur.
Je tiens a rappeler que le fer est souple mais tendre, et l acier est dur mais cassant.
Le fait d additionner c est deux métaux permette d’obtenir une âme d épée souple et rigide a la foi,
une sorte de ressort. Par sa mollesse, le fer va également absorber une partie des choc durant
un combat par exemple, et le fait de rapporter des tranchant en acier pur a l épée, va lui permettre
d avoir un excellent pouvoir de coupe sans émousser en conséquence la lame.

Ci dessous, lame d’épée réalisée par l’auteur, avec âme de la lame en corroyé, et tranchants rapportés en acier.


Les épées celtes, sont en quelque sorte les ancêtres des épées germaniques,
et que à cette époque, ce genre de lame était très cher.


L’épée germaine, ou des grandes migrations.

Nous avons vu les épées composites type celte, avec leurs lames en acier corroyées.
Pour les épées germaniques ,on se rapproche de cette technique, sauf qu’il y aura une évolution
sur les caractéristiques mécanique de la lame, mais aussi esthétique.
La première étape de forgeage de cette épée, est de faire deux à quatre barreaux d acier corroyé
de quatre, sept ou neuf couches.


Ci dessus, trousse de damas sept couches pour la préparation des barreaux d acier corroyé.


Ci dessus ,première soudure, nous obtenons le lingot de damas sept couches.


Ci dessus, barreau de damas sept couches étiré.


Une fois que le forgeron a forgé deux barreaux comme celui ci,
ils les torsades afin de multiplier les surfaces de contact des couches,
donc donner une plus grande résistance a l’épée par les chocs,
mais aussi ne plus grande souplesse, et une qualité esthétique.


Ci dessus, l’auteur torsade un des deux barreaux de damas.


Ci dessus, le barreau de damas est entièrement torsadé.


Une fois que le forgeron a forgé ses deux barreaux, les a torsadés,
il les reforge ensuite en section carré pour faciliter le montage des étapes suivantes.


Ci dessus, l auteur reforge les barreaux de damas torsadés en section carré.


Ci dessus ,les deux barreaux de damas reforgés en section carré.


Une fois que le forgeron a franchi cette étape, il peut ensuite s attaquer aux tranchants.
Il va forger deux barreaux d’acier pur en carré, et de même section que le barreau de damas,
mais il seront un peut plus longs pour permettre l enrobage de la pointe.


Ci dessus, les deux barreaux d acier permettant de faire les tranchant sont forgés.


Ensuite, le forgeron prépare l assemblage des quatre éléments qui constitueront l épée qui sont :
-Les deux barreaux de damas sept couches.
-Les deux barreaux d acier .
Ces quatre éléments sont reliés rentre eux par du fil de fer.


Ci dessus, montage final de l épée, on peut distinguer les tranchants rapportes.


Une fois le montage final, le forgeron fera la soudure finale.
Cette opération est la plus délicate dans le forgeage d une telle épée.
Il faut souder parfaitement la pointe, et il faut frapper assez fort pour permettre
une bonne soudure des tranchants, mais aussi assez délicatement pour ne pas abîmer l’âme en damas de l épée.
L épée est maintenant très proche de ses cotes finales, elle est légèrement étirée,
et le forgeron ne forge pas beaucoup les tranchants, car il est dans l’impératif de
ne pas faire « sauter »les soudures.
Il procèdera ensuite par les traitements thermiques : Normalisation, trempe, revenu.

Puis de très longues séances de meulage, et pour finir polissage.
Une fois polie, la lame est passés a l acide pour révéler les motif due aux damas.
A l’époque il utilisaient de l urine concentrée, vinaigre, toute solution acides susceptible
de révéler les motif de la lame.


Ci dessus, la lame de l’épée est terminée.


Ci dessus, modèle archéologique d’une épée mérovingienne conservée au Musée du Fer de Jarville-La Malgrange.
On peut distinguer la structure du damas torsadé.
Ce modèle est composé de quatre barreaux de damas torsadé neuf couches, et tranchants rapportés.


Ces épées composites sont représentatives de la maîtrise de l’acier par les forgerons germains.
A l’époque, une épée de ce type coûtait très cher, environ le prix d’un cheval, un casque .
Seul les princes ou les guerriers d’élite portaient ce genre d’arme.
Pour terminer, je pense que ces épées symbolisent une époque mystérieuse de l'histoire,
qui intriguent tant les archéologues.
Le fait de forger ce genre de lames, me fait rendre compte de la maîtrise de ces forgeron,
qui faisaient leurs propres aciers, et n avaient pas tout ces moyens modernes pour faciliter la tâche.
Je suis très loin d’arriver a leur niveau, j’ai encor beaucoup d’expérience a acquérir,
mais le fait de commencer a maîtriser la fabrication de ce type d armes réalise « un rêve de forge ».



P-A. KANAPE.



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